Abondant et réputé pour sa qualité dans le Sud de Madagascar, le mica reste pourtant peu rémunérateur pour les petits exploitants. Face aux prix jugés trop bas et à la persistance de l’informel, l’État entend réorganiser la filière et mieux valoriser cette ressource minière.
En déplacement dans la région d’Anôsy, le ministre des Mines et des Ressources stratégiques, Carl Andriamparany, a rencontré les différents acteurs de la filière mica. Exportateurs, transformateurs et petits exploitants ont notamment échangé sur les difficultés rencontrées dans la commercialisation du minerai et sur les moyens d’améliorer les revenus à la source.
Dans les zones productrices du Sud, le mica constitue une activité importante pour de nombreux exploitants artisanaux. Pourtant, les revenus tirés de cette activité restent faibles au regard du travail nécessaire à l’extraction, au tri et à la préparation du minerai. Une situation que les acteurs souhaitent voir évoluer, notamment à travers une meilleure rémunération du produit à la source.
Nouvelles perspectives
L’exploitation informelle figure parmi les principales difficultés identifiées. L’absence de permis et le manque d’organisation de la filière ont favorisé la multiplication des intermédiaires et certaines pratiques spéculatives. Pour l’État, la régularisation constitue ainsi un levier essentiel pour assainir le secteur et améliorer la commercialisation du mica.
Depuis mai 2026, les petits exploitants peuvent notamment demander un permis PREA, destiné à mieux structurer l’exploitation artisanale. La reprise de l’octroi des permis miniers ouvre également de nouvelles perspectives pour les opérateurs souhaitant exercer dans un cadre légal. Le dispositif prévoit différents titres, notamment les permis de recherche et d’exploitation.
Au-delà de la régularisation, l’enjeu porte également sur la valorisation du mica malgache. La Chine et l’Inde disposent d’une expertise importante dans la transformation du minerai en matières utilisées dans différentes industries manufacturières. Cette maîtrise leur permet de jouer un rôle majeur sur le marché international.
Madagascar cherche ainsi à renforcer la valeur ajoutée créée localement. L’objectif est de ne pas limiter la filière à l’extraction et à l’exportation du minerai brut, mais de développer davantage les activités de transformation afin qu’une part plus importante des revenus reste dans le pays.
Lucia Rabarijaona