DOUBLE MEURTRE DE STÉPHANIE ET HAINGOTIANA - La reconstitution tourne au drame

La reconstitution du double meurtre de Stéphanie Nohasoavina et de Vololoniaina Haingotiana Rasamison devait permettre de confronter les versions des quatre suspects. Elle s’est achevée par des tirs des forces de l’ordre et leur mort.

Le commissaire de police Joachin Randriamaro  a tenu un point de presse samedi soir sur l’affaire.

Pourquoi les quatre suspects ont-ils été conduits à Ambohimanga Rova samedi ? Après plusieurs jours d’enquête, d’arrestations et d’interrogatoires, les enquêteurs voulaient confronter les déclarations des suspects à la réalité des lieux. Les versions de Sitraka, Aldo, Larry et Ranix présentaient en effet des divergences sur certains détails du crime.

La reconstitution devait permettre de lever ces zones d’ombre. Les quatre hommes, soupçonnés d’avoir participé au viol et au meurtre de Stéphanie Nohasoavina, 21 ans, et de Vololoniaina Haingotiana Rasamison, 17 ans, ont ainsi été conduits sur les lieux du crime, à Ambohimanga Rova.

Mais la procédure a pris une tournure inattendue. Selon les explications données samedi soir par les autorités, les suspects auraient tenté de s’en prendre aux forces de l’ordre. L’un d’eux aurait notamment cherché à s’emparer de l’arme d’un policier. Les agents ont alors ouvert le feu.

Les quatre suspects ont été blessés puis transportés à l’hôpital. Ils ont succombé peu après.

Des versions à confronter

Avant cette reconstitution, les enquêteurs avaient progressivement remonté la piste des suspects. Les deux jeunes femmes avaient disparu le 21 août après avoir indiqué qu’elles se rendaient au cinéma. Les images de vidéosurveillance avaient permis de suivre une partie de leur parcours, notamment leur prise en charge à bord d’une Chevrolet Cruze noire.

Le véhicule, retrouvé le 25 août, aurait constitué un élément important de l’enquête. Des traces de sang et des vêtements tachés y auraient été découverts. Son conducteur, Sitraka, a été interpellé. Les enquêteurs auraient également retrouvé sur son téléphone une vidéo de l’agression.

Lors de son interrogatoire, Sitraka aurait reconnu sa participation aux faits et mis en cause trois autres personnes. Aldo et Larry ont ensuite été arrêtés le 26 août. Ranix a été interpellé le lendemain par la gendarmerie. Tous trois auraient également reconnu leur implication.

Malgré ces aveux, certains détails ne concordaient pas entre les différentes déclarations. C’est notamment pour cette raison qu’une nouvelle reconstitution devait être organisée samedi.

L’enquête avait déjà permis de déterminer, selon les autorités, que les suspects avaient préparé des armes blanches, un poing américain et un tournevis. Ils auraient également utilisé un stratagème pour attirer les deux victimes.

Les autopsies réalisées dans la nuit du 23 au 24 août avaient confirmé la violence des faits. Les corps des deux jeunes femmes avaient été retrouvés deux jours après leur disparition dans un ravin à Ambohimanga Rova.

La mort des quatre suspects met désormais un terme à leur audition judiciaire et empêche toute confrontation ultérieure de leurs versions. Elle laisse également ouvertes certaines questions sur le déroulement exact des dernières heures des victimes et sur le rôle précis de chacun des protagonistes.

La Chevrolet Cruze, considérée comme une pièce importante du dossier, reste immobilisée dans la cour de la Brigade criminelle à Anosy.

Gustave Mparany

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