L’ensemble des résultats du baccalauréat 2026 est désormais connu. Si le taux de réussite progresse à Antananarivo, plusieurs provinces enregistrent un recul par rapport à la session précédente.
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| Des candidats sont venus nombreux dans les centres d’examen voir la liste des admis. |
Antananarivo a clôturé, ce week-end, la publication des résultats du baccalauréat. Dans les centres d’examen où les listes des admis étaient affichées, les candidats ont découvert l’issue de la session. Cette année, un peu plus de la moitié d’entre eux, soit 51,74 %, ont obtenu leur diplôme dans la province d’Antananarivo, selon les chiffres communiqués samedi par l’université d’Antananarivo.
« Par rapport à 2025, on constate une hausse de 4,25 points du taux de réussite », a indiqué le Pr Rivoarison Randrianasolo, président de l’université d’Antananarivo. Dans cette province, la note de délibération a été abaissée à 9,75 sur 20 par rapport à l’an dernier.
La tendance est différente dans plusieurs autres provinces. À Toliara, le taux de réussite, le plus faible parmi les résultats communiqués, s’établit à 39,21 %, contre 43,15 % en 2025. À Toamasina, il est passé de 55,37 % à 51,57 %, tandis qu’à Fianarantsoa, il recule de 57,98 % à 51%. Mahajanga enregistre la baisse la plus importante, avec un taux de 47,92 %, contre 59,77 % lors de la session précédente. Dans la région Sava, le taux de réussite s’établit à 39,71 % cette année.
Au-delà des résultats, plusieurs enseignants interrogés disent observer des difficultés croissantes chez certains élèves en matière de raisonnement et d’analyse.
Usages numériques
Un proviseur de lycée public et un professeur de mathématiques en classe de terminale mettent notamment en cause le temps consacré aux réseaux sociaux. « Cette baisse du niveau a plusieurs facteurs. Le problème majeur réside dans le fait qu’ils sont trop absorbés par les réseaux sociaux », estiment-ils.
« Les élèves passent plus de temps sur leur téléphone que sur leurs cahiers. Lorsqu’un devoir leur est donné à faire sur téléphone, ils en profitent parfois pour faire autre chose plutôt que le devoir lui-même », observe un autre enseignant. Certains professeurs s’interrogent également sur les effets de l’usage de l’intelligence artificielle dans le travail scolaire. « Ils ne cherchent plus à réfléchir par eux-mêmes ; ils se contentent de copier-coller les réponses fournies par l’IA», affirme l’un d’eux.
Les avis divergent toutefois sur la place du téléphone dans l’apprentissage. Certains enseignants considèrent qu’il peut constituer un outil pédagogique lorsqu’il est encadré. D’autres préconisent d’en limiter fortement l’usage dans les établissements scolaires, estimant qu’un recours excessif aux outils numériques peut réduire l’effort de recherche et de réflexion personnelle des élèves.
De leur côté, certains élèves mettent en cause les conditions d’enseignement. « Certains professeurs en font du business. Ils ne dispensent pas l’intégralité du programme afin de nous pousser à prendre des cours particuliers avec eux», affirme Haingo, élève d’un lycée public récemment diplômée. Des témoignages similaires sont également rapportés par des élèves d’établissements privés.
Miangaly Ralitera
