Mafiafifa

Incroyable mais vrai. Le carton rouge direct dont a écopé le joueur américain Folarin Balogun pour avoir piétiné un joueur bosniaque a été effacé par la FIFA. Le président de la FIFA, l’Italien Gianni Infantino, s’est incliné devant le bon vouloir du président américain Donald Trump, qui lui a donné soit un coup de téléphone, soit un coup de je ne sais quoi. Le fait est que, pour la première fois depuis deux siècles et demi d’existence, une telle décision est prise. Il va sans dire que l’attitude de la FIFA a scandalisé non seulement le microcosme du football, mais aussi le monde politique. Donald Trump a montré qu’il est le maître du monde et que même la toute-puissante FIFA lui fait des courbettes. Il y a de quoi, quand on sait que les États-Unis ont investi dans le plus grand budget, avec onze stades, contre deux et trois pour le Canada et le Mexique. S’il avait déjà été président au moment où la FIFA avait désigné le pays organisateur de ce Mondial 2026, il n’aurait jamais accepté ce ménage à trois. On connaît trop son grand amour vis-à-vis du Canada et du Mexique, qu’il courtise de gré ou de force par le biais des droits de douane.

Gianni Infantino lui obéit au doigt et à l’œil. Au point d’accepter les pauses fraîcheur que rien ne justifie, étant donné qu’il n’y a pas de canicule et que certains stades sont couverts et climatisés.

C’est tout simplement une reprise d’une vieille idée: passer de 2 x 45 min à 3 x 30 min. C’était justement lors du Mondial 1994 aux États-Unis. L’objectif est de pouvoir passer le maximum de publicités pendant les deux pauses de 10 min.

Avec les pauses fraîcheur de 2 x 3 min, la FIFA, une association à but non lucratif, engrange un pactole astronomique. Vingt secondes de publicité coûtent 750 000 dollars à Fox Sports, alors que M6 paie 315 000 dollars les vingt secondes, un montant qui va monter à 425 000 dollars quand le stade de la compétition avancera.

La FIFA ramasse une grosse bagatelle sur les sponsorings, les publicités et surtout les droits de retransmission. Et elle fait payer les spectateurs avec des prix des places qui ont fait beaucoup jaser.

Quant aux arbitres, le choix de la FIFA laisse perplexe. Des juges venaient de certains pays où le football reste un passe-temps, à l’image de la Somalie, de l’Ouzbékistan, des îles Caïmans, de Kiribati, de Nauru, des îles Maldives… Comment peut-on être un bon arbitre si un pays n’a même pas de championnat ? Certains sont plutôt propres au taekwondo ou au MMA.

Le pouvoir de l’argent est ainsi en train de tuer les valeurs du foot, qui font de lui le sport roi. À preuve, c’est la Coupe du monde la moins vue à travers le monde, et on la suit loin des passions du Mondial 90, 94, 98… Le roi est bel et bien mort.

 Sylvain ranjalahy

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