Faits d’hiver

Sommes-nous à Cuba ? À en juger le nombre de disparitions d’enfants ces derniers jours, il semble que la situation s’en approche. À cette nuance près qu’il n’y a pas de demande de rançon avant le meurtre quand les ravisseurs ne sont pas satisfaits. 

Justement, les kidnappings des ressortissants indiens de 2013 à 2019 étaient assortis de demandes de fortes rançons. Comme par enchantement, ces enlèvements des ressortissants indiens ont cessé en 2019. Le kidnapping a pris un nouveau visage. Les ravisseurs ne sont plus les mêmes et sévissent dans les campagnes à Anjozorobe, Ankazobe, Andilamena, Tsaratanana…

Maintenant, les rapts d’enfants ou simplement de grandes personnes ne sont pas agrémentés de demandes de rançon. Souvent, on retrouve la victime tuée dans des conditions atroces sans mobile évident. Jusqu’à maintenant les enquêteurs ont du mal à déterminer la cause de ce phénomène funeste. La thèse souvent avancée est le vol d’organes non pas par nécessité médicale, mais plutôt, pour honorer les commandes d’un vaudou ou d’un marabout et promettre à ceux qui le veulent un haut emploi de l’État ou, peut-être, juste moins. À chaque poste correspondrait un organe. Les yeux d’un varira pour un député, un chef de région, le pancréas pour être assistant parlementaire, le pénis pour un directeur de cabinet, l’œsophage pour un secrétaire général. Et ainsi de suite. 

C’est une thèse à ne pas négliger vu la course effrénée aux postes politiques et le niveau d’éducation de plus en plus bas de la population et de ceux qui la dirigent. Les croyances moyenâgeuses ont retrouvé une seconde jeunesse. Entre les sacrifices d’animaux et les autres croyances royales, il n’y a pas de grosses différences. On croit facilement au super pouvoir invisible et immatériel d’un dieu des dieux.

Mais la cause pourrait être tout simplement une forme de déstabilisation quand la liberté d’expression est plus ou moins limitée. L’objectif est de créer une psychose d’insécurité au sein de la population, de semer la terreur et de faire vaciller le pouvoir. Il y a deux ans, tout le monde affirme avoir vu un étrange animal suceur de sang. Dans le passé, on avait peur de Kelibetratra,  des bibiolona, des mpaka fo et des mpaka ra. Le développement et l’éducation ont fini par les ranger dans les légendes au même titre qu’Ikotofetsy sy Imahaka, Trimobe, Ikotobekibo.

Sylvain Ranjalahy

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