Un Créon vacillant tente d’apaiser les cieux,
Mais l’Hydre dans l’ombre contrecarre ses vœux pieux ;
De redoutables monstres assiègent sa couronne,
Malgré la bonne foi dont son esprit rayonne.
Tandis que, pour le peuple, une sainte prédit l’avenir,
Un grand cri de malheur vient soudain frémir :
La justice s’abat sur la ville effrayée,
Étouffant la révolte et l’alerte sacrée.
Aux portes de la ville que garde le Cerbère,
Le peuple épuisé maudit cette barrière ;
Il gronde contre l’ombre et les sombres intrigues,
Tandis que le gardien du roi traque sans fatigue.
Mais un venin perfide attise la colère :
L’enfant est violemment pris de sa pauvre mère.
La foule furieuse ordonne même du sang
Et la garde royale doit défendre son rang.
Pour calmer la détresse et la voix des lettrés,
L’Olympe offre un trésor aux destins mesurés ;
Un don de Dieu offert, attendu bien trop tard,
Qui ne peut effacer l’ombre sur le départ.
Alors à la jeunesse en proie à une terrible tempête,
Les maîtres du savoir apportent des tablettes :
Des choses de l’esprit pour soulager les rancœurs,
Afin que les connaissances effacent les douleurs.
Par Laza Andrianirina, membre titulaire de l’Académie malgache