Les cent soixante ans de la première Gazette malgache ont été célébrés vendredi à Mahamasina, dans un esprit de mémoire et de réflexion sur l’avenir du journalisme.
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| Photo de famille réunissant les autorités et les représentants de la presse à l’occasion du 160ᵉ anniversaire de la Gazette malgache. |
À l’occasion du 160e anniversaire de la première Gazette malgache, Teny Soa Hanalan’Andro (1866-2026), la grande famille du journalisme malgache a officiellement lancé, vendredi 17 juillet, au Petit Palais de Mahamasina, une année de célébration placée sous le signe de l’histoire, de la transmission et du professionnalisme. Les échanges ont également permis de réfléchir aux défis auxquels la profession est confrontée à l’ère des réseaux sociaux.
Publiée pour la première fois en janvier 1866 par les missionnaires protestants de la London Missionary Society (LMS), Teny Soa Hanalan’Andro est considérée comme la première Gazette malgache. À ses débuts, elle diffusait principalement des contenus religieux, éducatifs et culturels en langue malgache. Au fil des décennies, la presse nationale s’est progressivement développée, accompagnant les grandes étapes de l’histoire du pays, de la monarchie à l’indépendance, puis à la République, avant d’entrer aujourd’hui dans l’ère du numérique.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa, a proposé la création d’une Maison des journalistes. Cette infrastructure aurait pour vocation d’offrir un espace de travail commun aux professionnels des médias, tout en constituant un symbole du patrimoine journalistique malgache.
Formation
Le ministre a également rappelé les grandes étapes de l’histoire de la presse, notamment les débuts du journalisme en 1866, la loi sur la presse de 1959 et la Charte de la presse de 1974. Il a surtout invité les journalistes à renforcer leur professionnalisme face aux dérives observées sur les réseaux sociaux, où les fausses informations et les contenus sensationnalistes circulent rapidement.
Le Comité de transition chargé de l’Ordre des journalistes de Madagascar (CT-OJM) a, de son côté, annoncé l’organisation d’une session de formation destinée aux journalistes au mois de novembre. Cette initiative vise à accompagner les professionnels dans leur adaptation aux nouvelles réalités du métier et au renforcement de leurs compétences.
L’un des temps forts de la cérémonie a été le témoignage de Victor Georges Andriananjason, doyen du journalisme malgache, qui a partagé plus de six décennies d’expérience. Journaliste depuis 1958, il a retracé un parcours marqué par le journalisme, la communication publique, la diplomatie internationale et la culture. Fondateur du Groupe des Jeunes Artistes Indépendants (GJAI) en 1959, il a participé à l’organisation des fêtes de l’Indépendance en 1961 avant de poursuivre des études supérieures en journalisme à Paris. Il a collaboré avec plusieurs médias internationaux, notamment la BBC, tout en exerçant des responsabilités au sein des Nations unies dans le domaine de l’information publique.
À travers son intervention, Victor Georges Andriananjason a rappelé que le métier de journaliste exige rigueur, éthique et responsabilité. Son parcours illustre l’évolution de la presse malgache et l’ouverture de ses professionnels vers les institutions et les médias internationaux.
Les jeunes journalistes présents ont, eux aussi, exprimé leur vision de la profession à travers une déclaration forte : « Ny asa fanaovana gazety anompo ny marina » (« Le journalisme est au service de la vérité »). Un message qui résume l’esprit de cette célébration, laquelle ne se limite pas à commémorer cent soixante années d’existence de la presse malgache, mais invite également les professionnels à préserver les valeurs fondamentales du métier dans un environnement médiatique en pleine mutation.
Lucia Rabarijaona et Fanilo Mampianintsoa
