Le PLFR 2026 prévoit de nouvelles mesures fiscales touchant les produits importés. Le Gouvernement entend accroître les recettes publiques tout en soutenant la production locale et certains secteurs stratégiques.
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| Les articles de friperie figurent parmi les produits les plus concernés par les nouvelles mesures fiscales prises par le Gouvernement. |
Les produits importés occupent une place centrale dans les nouvelles orientations fiscales définies par le Gouvernement à travers le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2026. À travers ces mesures, les autorités entendent non seulement accroître les recettes publiques, mais également corriger certains déséquilibres structurels affectant l’économie nationale, notamment en matière de concurrence entre produits importés et production locale.
Parmi les dispositions phares figure l’assujettissement des articles de friperie aux droits d’accise. Cette mesure, qui introduit un taux de 10 % sur ces produits, devrait générer environ 20 milliards d’ariary de recettes supplémentaires, selon les projections du ministère de l’Économie et des Finances. Le secteur de la friperie, largement dominé par des activités informelles, échappait jusqu’à présent à une fiscalisation rigoureuse. Cette réforme marque ainsi une volonté de mieux encadrer ce marché en pleine expansion, tout en intégrant ses acteurs dans le circuit formel de l’économie.
Du côté des opérateurs économiques locaux, notamment les petits entrepreneurs du textile, cette initiative est perçue comme un levier de protection du marché intérieur. Ces derniers estiment que la concurrence des vêtements de seconde main importés a longtemps fragilisé la production nationale.
Équité fiscale
« Cette mesure pourrait contribuer à redonner un souffle au secteur textile local », confient certains acteurs. Pour le Gouvernement, il s’agit également d’instaurer une plus grande équité fiscale entre les différents segments du marché, dans une logique de justice fiscale et de lutte contre la concurrence déloyale.
En parallèle, le PLFR 2026 prévoit la réintroduction d’une taxe sur le riz de luxe importé, fixée à 5,5 %. Cette décision traduit un réajustement de la politique fiscale appliquée aux produits de consommation, dans un contexte où la sécurité alimentaire et la valorisation de la production nationale constituent des enjeux majeurs. Si certains grossistes reconnaissent que cette mesure pourrait stimuler la filière rizicole locale, ils alertent néanmoins sur ses effets immédiats, notamment une probable hausse des prix à la consommation. Selon eux, toute taxation à l’importation se répercute inévitablement sur le consommateur final, ce qui pourrait peser sur le pouvoir d’achat.
À l’inverse, le secteur des télécommunications bénéficie d’un allègement fiscal notable. Le taux du droit d’accise applicable aux services télécoms passe de 8 % à 5 %, une réduction attendue de longue date par les opérateurs. Cette mesure concerne plusieurs services essentiels, tels que l’accès à Internet, les communications nationales et internationales ainsi que les services satellitaires. Elle vise à encourager les investissements dans le secteur, à améliorer l’accessibilité des services numériques et à accompagner la transformation digitale du pays. Les professionnels du secteur y voient une opportunité de développer davantage leurs offres et d’élargir leur base d’abonnés.
Sur le plan institutionnel, l’examen du PLFR 2026 suit son cours au sein de l’Assemblée nationale. Le président de la Commission des finances, Narson Rafidimanana, a indiqué hier que le texte fait actuellement l’objet d’une analyse approfondie par les députés. Cette étape permettra d’évaluer l’impact réel des mesures proposées et d’envisager, le cas échéant, des ajustements. « Le Gouvernement sera ensuite consulté afin de discuter du bien-fondé des modifications à apporter », a-t-il précisé.
Doris Mampionona
