Elle est derrière la page Facebook « La lecture de Rohy » et anime dans la vraie vie un club de lecture, en marge de son activité de médecin. Elle nous parle de son amour des livres et de Rabearivelo.
Que lit Rohy ?
Je lis un peu de tout : de la littérature classique française à la littérature malgache. J’ai une préférence pour les textes philosophiques, les récits ou les romans autobiographiques, les romans historiques et la poésie.
Qui Rohy aime lire ?
Difficile de répondre à cette question. La liste est longue. Elle va d’Éric-Emmanuel Schmitt, Tolstoï à Baudelaire, en passant par Amélie Nothomb. J’ai découvert récemment Haruki Murakami grâce à ma fille. Ses textes m’intriguent, me perturbent, me bousculent et me laissent des questions sans réponse. J’adore Clarisse Ratsifandrihamanana, Jean-Joseph Rabearivelo, Dox, Rado, … mais surtout le poète Niry-Solosoa, mon père. Il m’a appris, dès l’enfance, à apprécier la beauté des mots, la sonorité des rimes.
Vous êtes dans la transmission. Quel est ce projet Boky Miampita que vous avez initié ?
Boky Miampita est une bibliothèque solidaire. Nos livres sont issus de donations. Le concept est identique à celui des « boîtes à livres », qui voyagent entre des lecteurs, mais de façon plus structurée. Ceux qui se sont inscrits empruntent nos livres gratuitement, les rendent aux « points relais» ou les transmettent à d’autres lecteurs, quand le délai imparti est terminé. Une participation solidaire de 2 000 Ar par an a été instaurée afin de couvrir les frais, notamment l’acheminement des gros colis de livres en provenance des donateurs. Nous ne bénéficions pas de financement. Notre objectif principal est de rendre la lecture accessible à Madagascar. Nous voulons également créer un réseau de lecteurs qui se voient dans la vraie vie. Ainsi, Boky Miampita est une résistance face au monde virtuel, car l’homme se trouve au centre de notre projet. Afin de rendre celui-ci plus viable à long terme, nous allons utiliser une application qui permettrait de mieux gérer le circuit des livres.
Vous allez emmener les gens suivre les traces de Rabearivelo, un de vos auteurs préférés. Toujours dans ce souci de transmission ?
Oui, mais cette transmission n’est pas verticale.
« Sur les traces de JJR » est une idée brillante de l’une de nos membres, Rondro Holiniaina, lors d’une discussion animée au sein de notre club de lecture. Nous étions tous conquis. D’où la décision d’organiser cette randonnée littéraire ce 21 juin, date qui coïncide presque avec l’anniversaire de la mort du poète, le 22 juin 1937. Nous allons faire revivre ses œuvres à travers une marche urbaine ponctuée de haltes dans des lieux emblématiques. La matinée, « Au cœur de l’Imerina », retracera cette vie littéraire riche, bien que brève. L’après-midi, « Petit coin de terre » — dénomination affectueuse de Rabearivelo pour son Ambatofotsy que l’on retrouve dans son poème dédié à Ny Avana Ramanantoanina — sera un moment de recueillement et de déclamation poétique auprès de sa tombe. « Amontana» sera le summum de la journée, au cours duquel nous déposerons une gerbe de fleurs en hommage au poète.
Rondro Ramamonjisoa
