RESSOURCES RENOUVELABLES - La filière bambou passe au stade industriel

Face à la déforestation, le bambou s’affirme comme une alternative durable. Sa filière franchit un cap avec le lancement d’un programme d’industrialisation ambitieux.

La pose officielle rassemblant les principaux partenaires de la filière bambou.

Le bambou s’impose comme une alternative stratégique pour faire face à la déforestation. Sa valorisation s’apprête à franchir un cap décisif, évoluant du stade artisanal à celui d’une véritable industrie de pointe. « L’objectif de cette promotion est avant tout de lutter contre le déboisement massif provoqué par l’exploitation du bois », a annoncé Njaka Rajaonarison, coordinateur national de l’Organisation internationale du bambou et du rotin (INBAR), hier, à l’hôtel Ibis, lors de l’atelier qui marque le lancement de ce projet de développement de la filière bambou.

La forêt malgache recule à un rythme alarmant. En l’espace de soixante ans, 45 % des forêts primaires ont été rayées de la carte, ne laissant aujourd’hui subsister que 21 % de couvert forestier sur l’ensemble du territoire. Le pays produit par ailleurs près de 300 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont plus de 90 % échappent à toute forme de gestion.

Face à l’urgence de la situation, un consortium d’acteurs internationaux et nationaux se mobilise pour structurer la filière bambou. 

Gestion durable

Le projet est porté conjointement par l’INBAR, le Centre international du bambou et du rotin (ICBR), le ministère de l’Environnement et du développement durable et le Centre malgache des ressources et technologies du bambou (CMBART), avec le financement de l’Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA). Il bénéficie d’une enveloppe de près de 2 millions de dollars allouée par l’Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA). Il est déployé sur une période de 24 mois. Ce programme ambitieux vise non seulement à instaurer une gestion durable de la ressource et à restaurer les sols, mais également à industrialiser la transformation du bambou pour ouvrir les portes des marchés de demain.

Le bambou offre une multitude de débouchés. Ses feuilles servent à l’alimentation animale, tandis que ses tiges sont exploitées pour le textile et le papier. Les parties les plus dures se substituent parfaitement au bois pour la fabrication de parquets, d’éléments de décoration et de produits artisanaux, s’inscrivant dans un savoir-faire que les Malgaches maîtrisent déjà depuis longtemps. Il peut également remplacer le plastique au quotidien, ne serait-ce que pour la fabrication de paniers et de cabas. À un niveau plus avancé, le bambou est utilisé dans l’ingénierie des pipelines. En Chine, une partie de la fibre est notamment exploitée pour renforcer la structure de canalisations et de tuyaux de très grande envergure.

Miangaly Ralitera

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