Une trentième victime en trois mois. Un enfant albinos a été retrouvé décapité pendant le week-end à Toliara. Une victime de trop. Il faut arrêter le massacre par tous les moyens. Jusqu’ici, les enquêtes n’ont pas permis exactement de définir les motifs du crime. Il semblerait que ces crimes soient commandités par des gens haut placés qui veulent garder leur place jusqu’à l’éternité. Ce dessein odieux passe par l’immolation d’un enfant albinos qui réclame un
« vaudou» ou un «ombiasa» sollicité pour concrétiser cette intention diabolique. Mais jusqu’ici aucun gros bonnet, aucun ombiasa n’a été ni interpellé ni mis en cachot. Et la chasse aux albinos continue de plus belle. Ce qui signifie que les mesures répressives ou dissuasives n’ont pas été assez fortes pour juguler ce fléau. Les autorités de Toliara ont pris hier des mesures pour tenter d’arrêter une bonne fois pour toutes ces crimes contre des humains dont le seul tort est d’avoir la peau blanche et d’être différent. C’est pire que le racisme à l’école de l’esclavage.
Mais lutter contre les assassins n’est pas une mince affaire, étant donné que les mesures dissuasives ne seront jamais plus déterminantes que les fortes croyances d’une population dont la majorité vit dans l’ignorance, la pauvreté et une éducation précaire. Plusieurs villages n’ont pas d’écoles dignes de ce nom et les enseignants manquent dans des endroits où l’insécurité règne 24 h/24 et cinquante-deux semaines sur cinquante-deux. Les crimes sont d’ailleurs souvent commis dans des endroits isolés où il n’y a ni poste de gendarmerie, ni poste de police.
On aura beau prendre des mesures pour protéger les albinos, cela ne pourra pas mettre fin à ces meurtres. Il est du viol contre les enfants comme il est des décapitations des albinos, le durcissement des peines n’a pas fait reculer la pédophilie. Pour la simple raison que l’annonce des lourdes peines n’atteint pas les criminels et qui- c’est fort possible- même ignorent que c’est un acte réprimé par la loi. Il n’est pas sûr que les dix commandements soient toujours observés un peu partout, malgré le fait qu’il y a plus d’églises que d’écoles et qu’étant donné que la corruption et les détournements de fonds sont devenus des pratiques autorisées, du moins pour certaines personnes. Ceci explique cela.
Sylvain Ranjalahy