FISCALITÉ - Vent hostile contre la taxe TVM

La Taxe sur les véhicules à moteur ou TVM fait face aux feux croisés de l’opinion publique. Cette mesure fiscale est inscrite dans la loi de finances initiale votée par l’Assemblée nationale en novembre 2025.

En réponse aux contestations des contribuables, le ministère de l’Économie et des Finances suspend l’application de la taxe TVM.

Une désobéissance fiscale. C’est ce qui couve au sein de l’opinion publique actuellement. Un vent de résistance qui se lève face à la Taxe sur les véhicules à moteur ou TVM. Une mesure fiscale inscrite dans la loi de finances initiale 2026.

Un communiqué de la direction générale des impôts, daté du 9 juin, qui est le déclencheur de ce tollé. Elle y rappelle l’obligation pour les contribuables de s’acquitter de cette taxe annuelle. Elle fixe ainsi un délai de paiement au 15 juillet pour les véhicules mis en circulation avant cette date. Simples citoyens, transporteurs et acteurs politiques dénoncent la désormais célèbre taxe TVM. Il y a ceux qui dénoncent « un nouvel outil pour ponctionner le contribuable déjà à bout de souffle face aux charges quotidiennes ».

D’autres fustigent la création de nouvelles taxes « alors que les services publics et la redevabilité de l’État laissent à désirer ». Il y a, par ailleurs, ceux qui pointent du doigt ce qu’ils qualifient d’inégalité dans la tarification de la taxe TVM. Pour les véhicules roulants, le montant de la taxe varie de 5 000 à 

340 000 ariary par an. Plus un véhicule est ancien ou puissant, plus la taxe est élevée. Sur les réseaux sociaux, il y a ceux qui appellent à la désobéissance fiscale. D’autres réclament l’annulation de cette taxe. Le sujet prend même une dimension politique.

Sur ses différentes pages Facebook, la Gen Z nourrit les feux croisés que décoche l’opinion publique. La page Gen Z communication appelle même à une manifestation pour contester la TVM. Dans l’optique, probablement, d’éteindre l’incendie, Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, s’est exprimé sur le sujet, via une publication sur sa page Facebook.

« C’est le précédent régime qui a créé cette taxe. (…) Actuellement, nous sommes en plein examen du projet de loi de finances rectificative. Aussi, nous allons proposer et soutenir l’annulation de cette TVM », affirme le patron de la Chambre basse. En effet, l’élaboration du projet de loi de finances initiale 2026 était en passe d’être bouclée lorsque les manifestations de septembre et octobre 2025 ont démarré.

Juste après la prise de pouvoir des militaires a débuté la 2e session ordinaire du Parlement. Il a alors été expliqué que le projet de loi de finances allait être repris avec juste quelques ajustements afin de pouvoir être présenté au Parlement, à temps, durant cette session budgétaire. Le projet de loi a été validé par le gouvernement de la Refondation. La taxe TVM figure bien parmi les nouvelles mesures fiscales prévues dans ce texte.

Cependant, lors du vote, le 24 novembre 2025, l’Assemblée nationale, déjà présidée par Siteny Randrianasoloniaiko, n’a rien eu à redire à la mise en place des nouvelles taxes, dont la TVM. Sa publication d’hier a alors attisé l’ire de l’opinion publique. Plusieurs reprochent aux députés de ne pas avoir assumé correctement leur rôle.

Suspendue

Dans une déclaration écrite de presse publiée hier en fin de soirée, le ministère de l’Économie et des Finances cède également face à la pression de l’opinion publique. Il y est indiqué que l’application de la taxe TVM est « suspendue », et que son « annulation » sera portée dans les débats sur le projet de loi de finances rectificative à la Chambre basse.

La situation actuelle met en lumière deux points. Le manque d’éducation fiscale des citoyens et la défaillance des parlementaires dans l’examen des tenants et aboutissants, ainsi que de la portée des textes qui sont soumis à leur approbation, surtout s’agissant des textes budgétaires. Certes, nul n’est censé ignorer la loi. Mais la réalité du pays impose visiblement que la mise en œuvre de certaines mesures fasse l’objet d’une communication d’envergure. Du côté du Parlement, ses membres ne réagissent et ne se penchent que sur les points qui créent un buzz.

La Constitution dispose, du reste, que « tout amendement au projet du budget entraînant un accroissement des dépenses ou une diminution des ressources publiques doit être accompagné d’une proposition d’augmentation de recette ou d’économie équivalente ». Annuler la TVM est donc une chose, mais il faudra trouver une compensation. Les recettes qu’elle devrait générer sont estimées par la loi de finances rectificative à plus de 2 milliards d’ariary.

Selon la loi de finances initiale, les mesures fiscales qui y sont inscrites « s’inscrivent dans une logique de viabilité budgétaire par l’élargissement de l’assiette et la rationalisation des dépenses fiscales ». Le projet de loi de finances rectificative soutient, pour sa part, que « le maintien des objectifs de mobilisation de recettes fiscales intérieures, pour cette année 2026, s’avère crucial afin de soutenir les finances de l’État dans un contexte économique mondialement impacté et devenu pratiquement instable en raison des conflits géopolitiques ».

La mise en œuvre de mesures pour renforcer la mobilisation des recettes fiscales fait, par ailleurs, partie des engagements de l’État envers le Fonds monétaire international (FMI). Une ligne dans les conditionnalités des aides budgétaires que sont la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

Garry Fabrice Ranaivoson

3 Commentaires

  1. De la pédagogie loin du POPULISME ambiant . Ce pays refuse des réformes bien nécessaires . Face à la grogne des automobilistes, aucun média malgache n’a pris le temps d’enquêter. La presse locale se contente de relayer la colère ou l’info brute, sans jamais expliquer la mécanique de ce barème qui fait polémique. Pourquoi matraquer une vieille Peugeot ou un Sprinter de plus de 20 ans à hauteur de 340 000 Ariary, pendant qu’un SUV électrique ne paiera qu’une miette de 5 000 Ariary ? Ce n’est pas un bug administratif, c’est une stratégie fiscale froide et calculée.
    Les véhicules anciens : Le prix fort pour les « passoires ». Pour le contribuable, un véhicule qui perd de sa valeur devrait être moins taxé. Pour l’État, c’est l’inverse : c’est le principe du pollueur-payeur. Il y a le coût sanitaire : Les vieux moteurs thermiques qui saturent Antananarivo n’ont aucune norme anti-pollution. Ils rejettent des tonnes de particules fines. L’État surtaxe ces véhicules pour compenser ce qu’ils coûtent en dépenses de santé publique.
    Enfin le coût routier : Un parc vieillissant, ce sont des pannes constantes qui paralysent l’économie dans les embouteillages, des accidents par défaillance technique, et une surconsommation de carburant. La taxe forte est une incitation financière à envoyer ces véhicules à la casse.
    Quant aux véhicules neufs : La prime à l’efficience .Les modèles de moins de 5 ans s’en sortent beaucoup mieux. La raison est simple : ils polluent deux à trois fois moins et tombent plus rarement en panne. De plus, il n’y a pas de cadeau fiscal réel. Si la taxe annuelle est basse, l’État s’est déjà grassement servi au cordon douanier lors de l’importation, en prélevant la TVA et les droits de douane sur la valeur d’origine du véhicule neuf.
    Maintenant pour l’électrique : l’arme anti-pétroleC’est le grand gagnant du barème, avec des tarifs dérisoires. Pourquoi un tel privilège ? Il y a la guerre des devises : Madagascar importe 100% de ses hydrocarbures, ce qui vide les réserves de la Banque Centrale et asphyxie notre balance commerciale. Pousser vers l’électrique, c’est couper le cordon avec les pays pétroliers.
    Voyons le choc d’incitation : Faute de bornes de recharge et face à des prix d’achat prohibitifs, personne ne passerait à l’électrique. L’État supprime la taxe pour forcer le marché et obliger les concessionnaires à importer ces technologies.
    Comme verdict , cette nouvelle « vignette » n’est pas qu’une simple pompe à fric pour renflouer les caisses publiques. C’est un outil de sélection naturelle pour le parc automobile national : étouffer l’ancien pour forcer la modernisation.
    Mais la vraie faille est ailleurs avec un pays où le pouvoir d’achat est à genoux, comment l’État peut-il exiger des transporteurs et des ménages qu’ils achètent du neuf quand ils ont à peine de quoi payer le carburant ? La logique fiscale est impeccable, sa réalité sociale l’est beaucoup moins. ambiant .Et les jeunes de la GEN Z semblent moins " connectés " que cela tandis que le président de l'assemblée nationale rajoute du feu dans la braise comme d'habitude .


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  2. Tant des mots pour te compliqer la tache:l tas perdu, Marc, tu es l'expression de la bobinarie de la mayorité.
    J'espere que tu es content te payer ton "doit", la plupart des M-algaches sont trop pauvres pour se payer une voiture electrique, et n'ont pas d'électricité de tout: car l'Etat s'en fiche d'eux.
    toi, enfants gaté, j'espere qu'il vont te faire souffler.

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    1. Hataovy teny gasy dadatoa fa tsy misy azoko indrindra tsy tery saina no zanabahoaka !

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