L’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail a figuré parmi les principaux thèmes de la 114e Conférence internationale du Travail, organisée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) à Genève, du 1er au 12 juin. Cette rencontre annuelle réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs des États membres. Son objectif est d’examiner les normes du travail et les politiques de l’emploi à l’échelle mondiale.
En lien avec l’Objectif de développement durable n°5 des Nations unies, consacré à l’égalité des sexes, les discussions ont mis en avant les progrès réalisés ces dernières années. Elles ont également souligné les nombreuses inégalités qui persistent.
Lors de son intervention, lundi, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, Mac Denis Franconio, a insisté sur la nécessité de placer l’être humain au centre des politiques de développement. Il a rappelé que la formation professionnelle, l’accès des jeunes à l’emploi et l’intégration des travailleurs dans le secteur formel constituent des leviers essentiels pour améliorer durablement les conditions de vie.
Le ministre a également souligné l’importance de poursuivre les efforts de structuration du marché du travail. Il a appelé au renforcement des dispositifs d’accompagnement des acteurs économiques.
Défis
Les participants ont reconnu que des avancées significatives ont été enregistrées dans de nombreux pays. La protection des droits des femmes au travail s’est renforcée, les législations contre les discriminations fondées sur le genre se sont multipliées et la participation des femmes à l’économie formelle continue aussi de progresser. Les politiques relatives à la maternité et à la protection des travailleuses se sont également améliorées.
Malgré ces progrès, plusieurs défis demeurent. Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes restent importants dans de nombreux secteurs. Les femmes demeurent sous-représentées aux postes de direction et dans les fonctions décisionnelles.
Une grande partie de la main-d’œuvre féminine continue par ailleurs de travailler dans le secteur informel ou dans des emplois précaires, avec un accès limité à la protection sociale. Les discriminations et les inégalités de traitement persistent également dans plusieurs pays.
Les débats ont porté sur plusieurs enjeux liés à l’égalité professionnelle. Parmi eux figurent la reconnaissance de l’économie du soin et du travail domestique, l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, la lutte contre les violences et le harcèlement au travail, l’accès des femmes aux formations techniques et aux métiers spécialisés, ainsi que le renforcement de leur autonomisation économique dans les pays en développement.
Les rapports présentés lors de la conférence montrent que les progrès restent inégaux selon les régions. Les avancées sont plus rapides en Europe et dans certaines économies développées. À l’inverse, plusieurs régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine connaissent une évolution plus lente.
Selon les participants, ces résultats dépendent largement des politiques nationales mises en œuvre et du niveau de développement économique de chaque pays. Malgré les progrès enregistrés à l’échelle mondiale, les inégalités structurelles demeurent profondément enracinées.
Ainsi, l’égalité entre les femmes et les hommes reste une priorité économique et sociale majeure.
Mialisoa Ida