Les coupures de courant sont de plus en plus intenses à Antananarivo. Les impacts commencent à se faire ressentir.
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| Un poteau électrique remplacé. |
Quand les coupures de courant menacent la vie des nourrissons. Une vidéo amateur filmée à l’intérieur de la maternité de l’hôpital d’Itaosy lors d’une coupure d’électricité, le soir de mercredi, jette une lumière crue sur le lourd tribut payé par les usagers face aux coupures de courant. Derrière les vitres de ces couveuses privées d’énergie, des prématurés luttent pour leur survie. L’établissement dispose d’un groupe électrogène de secours, mais selon une source interne à l’hôpital, l’équipement serait incapable de tenir le rythme face à une coupure prolongée, alors que le courant a été coupé plusieurs heures à Itaosy ce soir-là.
Cet énième dysfonctionnement met en évidence la vulnérabilité critique de nos services de santé face à une crise énergétique qui ne semble plus épargner personne. Les usagers ne paient plus seulement le prix fort en ariary, ils le paient désormais avec la vie de leurs enfants.
Contactée pour s’expliquer sur cette vulnérabilité critique, la direction de l’hôpital n’a pas souhaité faire de commentaire. Les patients des hôpitaux ne sont pas les seules victimes des coupures de courant.
Pertes sèches
Au sein des foyers, les coupures compliquent la conservation des aliments, augmentent les dépenses en bougies ou en charbon, et privent les élèves de conditions décentes pour réviser le soir, alors que les examens approchent.
À cela s’ajoute l’inquiétude de voir les appareils électroménagers griller à cause des retours brutaux de tension. « Tous nos appareils électroménagers ont grillé après le retour du courant », lance Patrick, un père de famille.
Pour les petits commerces de quartier, chaque heure de coupure se traduit par des pertes sèches. Les épiceries voient leurs stocks de produits frais périr, les ateliers de soudure ou de couture sont réduits au chômage technique, et les cybercafés ferment rideau. Sans électricité, l’activité économique de proximité est tout simplement neutralisée, plongeant de nombreuses familles dans la précarité financière.
De son côté, la Jirama soutient qu’aucun délestage officiel n’est en cours à l’heure actuelle. La compagnie nationale d’électricité souligne par ailleurs que des efforts constants sont déployés sur le terrain pour atténuer l’impact des coupures, en cette période d’étiage.
Miangaly Ralitera
