Mardi, le Conseil des ministres a évoqué la fin du contrat de location de groupes électrogènes entre la Jirama et Henri Fraise & Fils. Arrivé à son terme, le contrat a nécessité un avenant pour régulariser la situation.
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| Pour pallier les problèmes de coupures d’électricité, la Jirama a recours à des locations de groupes électrogènes. |
L’État et la Jirama ménagent-ils leurs actifs ? Dans le compte rendu du Conseil des ministres de mardi, l’exécutif a fait part de la fin du contrat de location de groupes électrogènes liant la société nationale d’eau et d’électricité (Jirama) à la compagnie Henri Fraise & Fils. Dans les quelques lignes rendues publiques mardi soir, l’exécutif a fait savoir que la Jirama était autorisée à mettre fin à ce contrat, mais aussi à « procéder au règlement de ses engagements financiers par rapport à cela ». Une première version qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, où internautes et presse ont vu la résiliation brutale d’un partenariat de plus de vingt-deux ans entre la compagnie privée et la société nationale malgache.
Contexte
La réalité est pourtant bien plus complexe. Hier après-midi, le compte rendu de la réunion hebdomadaire de l’exécutif a été clarifié. « Une erreur par rapport à la traduction », confie une source bien avisée. En effet, le Conseil des ministres a désormais explicité le fond du dossier : s’il est vrai que la Jirama est autorisée à mettre fin au contrat et à régler ses engagements financiers, il est précisé qu’il s’agit d’un contrat arrivé à son terme le 31 décembre 2025, concernant la fourniture d’électricité à Mahajanga.
Le contexte est le suivant : pour éviter les coupures d’électricité à Mahajanga, la société Henri Fraise & Fils a continué à fournir de l’énergie même sans contrat valide avec la Jirama. C’est ce qui a poussé l’exécutif à donner son feu vert pour l’apurement des arriérés de la Jirama vis-à-vis de la société privée, puisque celle-ci est créancière. L’exécutif a également validé l’établissement d’un avenant à ce contrat jusqu’à la fin de cette année. L’objectif est de poursuivre la fourniture d’électricité pour la « Ville des Fleurs ». Si la Jirama parvient à mettre en place, avant cette échéance, des infrastructures et des solutions pour éviter les coupures à Mahajanga, le contrat prendra fin avant son échéance de décembre 2026.
Pour rappel, Henri Fraise & Fils opère actuellement sur vingt-quatre sites à travers la Grande Île. La relation entre la Jirama et la compagnie s’étend sur plusieurs décennies : c’est au début des années 2000 que la société a commencé à louer des équipements, notamment des groupes électrogènes, à la compagnie nationale. Depuis cette époque, faute d’infrastructures propres, la majorité de la production d’énergie de la Jirama est fournie par des opérateurs privés, avec un coût nettement plus élevé. En 2015, le prix du kilowattheure était de 1 000 ariary ; à cette période, les archives indiquaient que la Jirama louait déjà 196 groupes électrogènes à des sociétés privées. Cette dépendance stratégique affectait lourdement les comptes de la société nationale.
Itamara Otton
