Le concert de Rija Ramanantoanina a démontré hier que l’écriture Big Band internationale peut s’accorder harmonieusement avec les chansons malgaches.
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| Rija Ramanantoanina a porté sur scène la rencontre entre l’écriture Big Band et la chanson malgache. |
Un pari artistique audacieux s’est transformé en réussite hier au CCI Ivato. Devant un public conquis, Rija Ramanantoanina a présenté une création musicale inédite qui a su marier avec finesse l’écriture Big Band, héritée des grandes formations de jazz, et les mélodies malgaches. Loin d’être une simple adaptation, le projet a révélé une réelle complémentarité entre ces deux univers musicaux, offrant une nouvelle dimension aux chansons interprétées.
Pour donner vie à cette vision, trente-cinq artistes ont été réunis sur scène autour du Quatuor Squad, du Bandy Baraka Big Band et du trio de Tsanta Randriamihajasoa. Les arrangements, spécialement écrits pour l’occasion, ont mis en valeur chaque famille d’instruments, des saxophones aux trombones, en passant par les trompettes, les cordes et la section rythmique. Cette richesse orchestrale a permis aux œuvres malgaches de prendre une ampleur rarement entendue sur les scènes du pays.
L’osmose entre l’écriture Big Band et les compositions de Rija Ramanantoanina est apparue dès les premières interprétations. Les harmonies jazz, les sections de cuivres et les dialogues entre instruments se sont intégrés naturellement aux textes et aux mélodies malgaches, confirmant que ce style musical peut trouver sa place dans la création nationale. Ce constat rejoint d’ailleurs la vision défendue par les porteurs du projet, convaincus que les standards internationaux peuvent être adaptés sans perdre l’âme de la musique malgache.
Plusieurs moments forts ont marqué le concert. Parmi eux, l’interprétation de « Ho anareo roa » par Rija Ramanantoanina et son épouse, Ariel Ramanantoanina, a particulièrement retenu l’attention du public. Les chanteuses invitées Mia, Andy du groupe Vao et Ariel Ramanantoanina ont également apporté leurs couleurs vocales à cette aventure musicale.
Cohésion
Le point culminant du concert est intervenu lorsque les trente-cinq artistes se sont retrouvés sur scène pour interpréter « Fy », « Matahotra sao tsy tia » et « Izy no ». Cette prestation collective a illustré la cohésion du projet et la rencontre entre plusieurs générations et sensibilités musicales.
Au-delà du spectacle, ce concert a également permis de présenter l’album « Fy », fruit de près de quatre années de travail. Réalisé à Madagascar, ce projet est l’aboutissement d’un long processus de recherche, d’apprentissage et d’écriture mené par Rija Ramanantoanina avec Tsanta Randriamihajasoa. Compositeur depuis l’âge de 15 ans, l’artiste concrétise ainsi un projet nourri depuis plusieurs années : implanter durablement l’écriture Big Band dans le paysage musical malgache.
Plus qu’un concert, cette création a démontré que le dialogue entre le jazz orchestral et la chanson malgache est possible et porteur d’innovation. Une expérience qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles explorations musicales et marquer une étape dans l’évolution de la musique malgache contemporaine.
Cassie Ramiandrasoa
