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| Un mpisavika tente de maîtriser le zébu lors du premier Festival Savika organisé au Coliseum. |
La première édition du Festival Savika à Antananarivo a réuni hier près de seize mille personnes au Coliseum, un résultat jugé très satisfaisant par les organisateurs.
Le pari est réussi. Pour sa toute première édition dans la capitale, le Festival Savika a attiré près de seize mille spectateurs au Coliseum d’Antsonjombe, confirmant l’intérêt du public pour cette tradition emblématique du pays. Portée par les sonorités du tambour gasy, la manifestation a offert aux habitants d’Antananarivo une immersion dans l’un des patrimoines culturels les plus représentatifs du monde betsileo.
Les organisateurs se disent satisfaits de cette affluence. Selon Tahinjanahary David, président de l’association Imianta, le Coliseum était presque plein et l’événement a répondu aux attentes malgré quelques festivités organisées simultanément dans la capitale. Ce succès constitue un encouragement pour poursuivre les efforts de promotion de la savika, considérée comme un levier de valorisation culturelle et touristique de Madagascar.
L’ambition des initiateurs dépasse d’ailleurs le cadre d’un simple spectacle. Ils souhaitent faire connaître davantage cette pratique traditionnelle et contribuer à sa reconnaissance à l’échelle internationale. Pour eux, la savika représente un patrimoine culturel majeur qui mérite d’être préservé et transmis.
Esprit de fraternité
Pour cette première édition, une trentaine de zébus venus d’Amoron’i Mania ont été mobilisés, aux côtés d’environ soiscante-dix mpisavika issus principalement de cette région betsileo. Contrairement à certaines disciplines où les participants sont rémunérés, la savika repose avant tout sur l’esprit de fraternité, de respect et de cohésion sociale. Les organisateurs soulignent que cette confrontation entre l’homme et l’animal n’a pas pour vocation de provoquer la violence, mais d’illustrer des valeurs de courage et de solidarité profondément ancrées dans la culture malgache.
La manifestation a également mis en lumière l’importance économique de l’élevage bovin. Les animaux sélectionnés pour la savika sont spécialement choisis et peuvent atteindre plusieurs millions d’ariary. Certains provenaient notamment d’Ambalavao, d’Amoron’i Mania et d’autres régions du pays.
Comme dans toute discipline sportive, quelques incidents ont été enregistrés. Une partie de l’enclos a cédé sous la pression d’un zébu qui cherchait à se protéger, provoquant des blessures chez quelques personnes. Les personnes concernées ont toutefois été immédiatement prises en charge par les équipes médicales présentes sur place. Les organisateurs rappellent que la pratique comporte des risques maîtrisés grâce à des dispositifs de sécurité et à l’expérience des participants.
L’événement a également respecté les rites traditionnels associés à la savika. Des cérémonies de bénédiction ont été réalisées conformément aux coutumes ancestrales, notamment avec l’utilisation d’eau rituelle provenant d’Ambohimanga par des femmes. Les participants suivent également des règles précises avant leur entrée dans l’arène, témoignant de l’importance culturelle et spirituelle de cette pratique.
Cassie Ramiandrasoa
