BALLE ORANGE - Le basketball 5x5 peine à suivre l’exemple du 3x3

Les Ankoay 5x5 sont encore en route pour la qualification en Coupe du monde de 2027.

Le contraste est saisissant. D’un côté, les Ankoay 3x3 enchaînent les succès de haut niveau avec trois titres africains chez les hommes et deux chez les dames, ainsi que plusieurs participations remarquées aux Coupes du monde. De l’autre, le basketball malgache 5x5 peine toujours à retrouver son lustre d’antan. Son unique titre continental remonte à 1970 chez les dames, tandis que la meilleure performance récente reste la médaille d’argent des U18 garçons à l’Afrobasket 2022 à Antananarivo.

Pourtant, les talents existent. Avec près de 35 600 licenciés, le basketball figure parmi les sports les plus pratiqués dans le pays. Alors pourquoi Madagascar brille-t-il en 3x3 sans parvenir à s’imposer en 5x5 ?

La première explication est d’ordre structurel. Le 3x3 demande moins de joueurs, moins de moyens et une organisation plus légère. Cette formule correspond davantage aux réalités économiques du sport malgache. À l’inverse, le 5x5 exige un effectif plus large, un championnat relevé, des infrastructures adaptées, un encadrement étoffé et des confrontations internationales régulières à honorer.

Le manque d’exposition au haut niveau constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles. Les joueurs progressent dans les compétitions locales mais disposent de peu d’occasions pour se mesurer aux meilleures nations africaines.

Handicaps

La taille des joueurs est souvent pointée du doigt. Il est vrai que le basketball moderne favorise les équipes dotées de pivots imposants et d’athlètes puissants. Face à des nations comme l’Angola, le Sénégal, l’Égypte ou la Tunisie, Madagascar souffre régulièrement d’un déficit physique.

Mais cette explication reste insuffisante. Le parcours des U18 en 2022 a démontré qu’une équipe bien préparée pouvait compenser son manque de taille par la vitesse, l’adresse et l’intelligence tactique. Le véritable défi réside dans la continuité de la formation et l’accompagnement des jeunes vers le haut niveau.

Andry Rakotomanantsoa, dit Coach Sexy, entraîneur des Ankoay U18 filles à deux reprises, pointe plusieurs lacunes : « Le coaching pose déjà des problèmes sur le haut niveau. Aussi, il faut voir d’autres formules de formation, des stages pratiques pour les coaches sur l’évolution de la pratique du basketball moderne (formation en pointillée). Il faut attribuer un rôle bien défini pour le personnel du staff technique des sélections nationales ».

Et lui de poursuivre : « L’insularité, le gabarit restent des handicaps pour le basketball malgache et la formule de compétition actuelle ne permet pas de rehausser le niveau. Bousculer les autres nations du 5x5 sur le continent demeure très difficile pour Madagascar, penser à un titre africain en basketball 5x5 reste pour le moment une utopie ».

Mais le 5x5 doit désormais se réinventer. La professionnalisation du championnat N1A, le renforcement des académies régionales, le développement du basketball scolaire et universitaire ainsi qu’une meilleure intégration de la diaspora constituent des pistes crédibles.

Des tournois comme le Smatchin démontrent que le vivier existe. Le défi consiste désormais à bâtir une véritable filière de performance capable de transformer ce potentiel en résultats durables sur la scène africaine.

Donné Raherinjatovo

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