AUDIOVISUEL - Franco Clerc défend le patrimoine à travers « Mandrakizay doria »

Franco Clerc lors de la rencontre consacrée à la transmission du patrimoine à travers le cinéma à l’IFM.

Comment transmettre l’héritage culturel aux générations futures tout en le rendant accessible au grand public ? C’est autour de cette question que se sont articulés les échanges organisés samedi dernier à l’Institut français de Madagascar (IFM), à l’issue d’une projection du film Mandrakizay Doria. Invité de la rencontre, le réalisateur Franco Clerc a mis en lumière le rôle du cinéma comme outil de préservation et de valorisation du patrimoine.

Cette discussion s’inscrivait dans le cadre du programme « Récits de l’océan Indien : entre invisibilité et singularité », qui vise à promouvoir les histoires, les cultures et les identités encore peu représentées à l’international. Aux côtés de Nirihasina Rakotoarimalala et Mihamintsoa Rakotoniaina, Franco Clerc a participé à une table ronde consacrée au thème « Pérenniser le patrimoine à l’écran ».

Pour le cinéaste, le cinéma constitue un moyen privilégié de transmettre l’identité culturelle d’un peuple. « Tout cela, il faut le préserver », a-t-il souligné en évoquant les multiples formes de patrimoine qui peuvent être intégrées dans une œuvre audiovisuelle à travers le film Mandrakizay Doria. Il cite notamment le patrimoine matériel, à travers l’architecture, les vêtements ou encore des lieux emblématiques comme le Tranompokon’olona d’Isotry ou la résidence de Ranavalona II à Tsarasaotra. Selon lui, la présence de ces éléments à l’écran permet de conserver une mémoire collective et de témoigner d’une époque.

Raison d’être

Le réalisateur insiste également sur l’importance du patrimoine immatériel, qu’il s’agisse des manières de parler, des traditions, des pratiques sociales ou encore des expressions culturelles transmises de génération en génération. Le patrimoine artistique, littéraire et même la chronologie historique occupent aussi une place essentielle dans sa démarche créative. « Chaque choix dans le film a une raison d’être », explique-t-il, rappelant que les décors, les objets ou les références culturelles participent à la constru ction du récit et à la transmission de l’histoire.

Cette vision se retrouve dans Mandrakizay Doria, son premier long métrage, qui retrace l’évolution culturelle, sociétale et linguistique de Madagascar à travers trois périodes allant de 1869 à 2024. Entre fresque historique, mythologie et récit romantique, le film illustre la volonté du réalisateur de faire du cinéma un espace de mémoire et de transmission.

Réalisateur, scénariste, producteur indépendant et auteur de bande dessinée, Franco Clerc s’est imposé comme l’une des figures de la création contemporaine malgache.

Cassie Ramiandrasoa 

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