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| Ibrahim Charles a assisté au depart des camions qui transportent les groupes electrogenes. |
L’annonce de l’acheminement de huit nouveaux groupes électrogènes vers Antsiranana suscite un regain d’espoir parmi les habitants de la capitale du Nord, durement éprouvés par plusieurs mois de délestages à répétition. Déjà partis du site d’Ambohimanambola, ces équipements sont attendus dans la ville afin d’améliorer l’approvisionnement en électricité.
Selon les informations disponibles, ces huit groupes devraient fournir une puissance totale de 4 600 kW, destinée à renforcer la centrale thermique de la Jirama à Antsiranana, située à Amporaha-Place Kabary. Cette capacité viendra s’ajouter aux 2 400 kW déjà expédiés, augmentant ainsi les moyens de production destinés à répondre à la forte demande énergétique de la ville.
Présent sur place lors de l’embarquement de ces matériels, le vice-président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Charles, a souligné que cette initiative s’inscrit dans les efforts déployés par l’État pour faire face à la crise énergétique qui touche la région.
L’origine exacte de ces groupes électrogènes n’a toutefois pas encore été précisée. Ils devraient néanmoins contribuer au renforcement de la production de la centrale d’Amporaha, récemment remise en service après une longue période d’inactivité consécutive à l’entrée en production de la société Enelec.
Zones d’ombre
La remise en activité progressive de la centrale d’Amporaha alimente également les spéculations. Dans les faits, cette évolution pourrait marquer un retour au modèle antérieur de la Jirama, qui assurait à la fois la production et la distribution de l’électricité. Sur le terrain, des travaux de nettoyage et de réhabilitation des infrastructures du site, apparemment vétustes, sont déjà visibles. Jusqu’à présent, la société Enelec était pratiquement le seul producteur d’électricité, injectant son énergie dans le réseau de distribution géré par la Jirama.
Toutefois, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les autorités n’ont pas encore indiqué si Enelec poursuivra ses activités de production, ni quelle part de la demande lui sera confiée à l’avenir.
Si les nouveaux groupes produisent effectivement les 4 600 kW annoncés, la centrale d’Amporaha pourrait atteindre une capacité totale d’environ 7 000 kW. Dans l’hypothèse où les besoins d’Antsiranana avoisineraient les 11 000 kW, il manquerait encore près de 4 000 kW pour couvrir pleinement les besoins de la ville, qui devraient alors être fournis par Enelec ou par d’autres sources de production.
Malgré ces perspectives encourageantes, les délestages continuent jusqu’ici de peser lourdement sur le quotidien des habitants. Ces dernières semaines, les coupures d’électricité en pleine journée se sont multipliées, souvent sans aucune annonce préalable, compliquant davantage les activités domestiques et professionnelles.
De nombreux quartiers ont ainsi subi d’importantes perturbations durant le week-end, les coupures venant s’ajouter à celles déjà constatées dès les premières heures de la journée.
«Nous pensions profiter de la matinée pour accomplir nos tâches, mais le courant a été coupé dès le réveil. J’ai finalement dû utiliser un fer à charbon pour repasser les vêtements destinés à la messe dominicale», témoigne Kalo Justine, mère de famille habitante d’Ambalazakazaha.
Partout dans la ville, les plaintes et les frustrations se multiplient. Même les passionnés de football n’ont pas été épargnés. Plusieurs supporters ont déploré d’avoir raté le match opposant les Barea au Maroc, faute d’électricité dans leurs quartiers. « Nous avons dû nous déplacer jusqu’à l’Hôtel de Ville pour suivre sur écran géant la rencontre entre les Barea et le Maroc, là où l’électricité était disponible pour le public », racontent les fans.
Raheriniaina
