ANKORONDRANO - Un meurtre déchaîne la vindicte populaire

Alors qu’un habitant d’Ankorondrano est placé en garde à vue à la Brigade criminelle après une agression mortelle, sa maison a été incendiée par une foule en colère.

La maison du suspect dévorée par le feu.

La vindicte populaire a pris le dessus dimanche soir à Ankorondrano Andranomahery, après le meurtre d’un jeune homme de 24 ans, Mihajaharijaona Randrianarivo.

Une vingtaine de personnes en colère ont incendié la maison du suspect, déjà placé en garde à vue, brisé le portail et endommagé le pare-brise d’une Peugeot 405 appartenant à une voisine. Les policiers du poste avancé d’Ankorondrano, du commissariat d’Analamahitsy, de la deuxième Compagnie urbaine d’intervention, de l’Unité d’intervention rapide, ainsi que des élus ont dû agir pour calmer la foule et éviter que d’autres habitations ne soient détruites.

Hier après-midi, le retour du corps de la victime depuis la morgue a encore attisé l’émotion, des centaines de riverains s’étant rassemblés près du gymnase pour l’accueillir.

Le meurtre s’est noué dimanche vers 0 h 10 dans une ruelle d’Andranomahery, vers Ankazomanga. En passant, Mihajaharijaona Randrianarivo a été accroché par un bois de la clôture d’une maison. Agacé, il l’a brisé et a poursuivi son chemin avec son camarade. Le propriétaire, âgé de 22 ans, est sorti, mais les deux jeunes étaient déjà plus loin.

Effondré

Peu après, Mihajaharijaona a entendu une femme appeler au secours. Selon les témoins, il s’agissait de l’épouse du propriétaire. Le couple se disputait. Le passant a rebroussé chemin pour comprendre ce qui se passait. À son retour, il a trouvé le propriétaire dehors, armé d’un objet tranchant. L’homme l’a insulté puis s’est jeté sur lui, le frappant au ventre et à la cuisse. Malgré une tentative de défense, Mihajaharijaona s’est effondré. Transporté d’urgence à l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, il n’a pas survécu à ses blessures.

Le suspect a été interpellé et placé en garde à vue. Sa femme, également impliquée selon les premiers éléments, devrait être arrêtée à son tour.

La colère des habitants s’explique par le caractère brutal et jugé gratuit de l’agression. Le quartier accuse le couple d’avoir provoqué la mort d’un jeune père de famille, laissant derrière lui un enfant orphelin. « Si les victimes de vindicte populaire portent plainte, une enquête suivra », indique un policier.

Gustave Mparany

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