Près d’une cinquantaine de commerçants ont été victimes d’une escroquerie menée par trois individus se présentant comme journalistes et défenseurs des consommateurs.
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| Des gilets ont été saisis en possession des suspects. |
Démasqués. Une femme et deux hommes ont été déférés hier devant le parquet du Pôle anti-corruption (PAC) des 67Ha. Le 7 mai, ils se seraient fait passer pour des journalistes et des défenseurs des droits des consommateurs afin d’extorquer de l’argent à des commerçants installés le long de la Route nationale 3, entre Anjozorobe et Talata Volonondry.
Les trois suspects circulaient à bord d’un 4x4 blanc de marque Kia, aux vitres fumées, arborant la mention « PRESSE » sur le pare-brise. Ils portaient également des gilets floqués Jirama et PMH (Mpanjifa Miray Hina) pour renforcer leur mise en scène.
Selon les témoignages, ils pénétraient de force dans les boutiques, inspectaient les marchandises et accusaient les commerçants de vendre des produits périmés ou non conformes. Ils réclamaient ensuite des sommes allant de 50 000 à 200 000 ariary, sous la menace de contrôles plus sévères par des « responsables supérieurs». Près d’une cinquantaine de commerçants auraient été ciblés dans la journée.
Factures
Interpellés par la gendarmerie de Talata Volonondry après un signalement, les trois individus ont affirmé qu’il s’agissait de contributions volontaires et ont remis des factures sans signature aux commerçants.
« Ils ont encaissé l’argent de toutes les victimes de l’escroquerie. Non seulement ils ont agi ainsi, mais ils affirment aussi bénéficier de la protection de hauts responsables (généraux et magistrats) et se vantent qu’une affaire portée devant la justice ne pourrait jamais les conduire en prison », dénoncent les propriétaires d’une quincaillerie, d’une épicerie et d’un commerce d’épicerie-bar.
Les suspects viennent de Sabotsy Namehana et d’Ambatondrazaka. L’un d’eux se présente comme président national d’une association de défense des consommateurs, les deux autres comme conseillers. Tous sont soupçonnés d’avoir utilisé ces titres pour légitimer leurs pratiques frauduleuses et intimider les victimes.
Ils ont été placés en garde à vue avant d’être déférés au parquet du PAC pour escroquerie, abus de pouvoir et usurpation de fonction. Les enquêteurs ont également saisi le véhicule ainsi que les documents utilisés dans le cadre de leurs agissements.
Gustave Mparany
