À seulement 0,1 point de la qualification, la slameuse malgache quitte la Coupe du monde de Slam avec un parcours salué pour son originalité et sa force artistique.
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| Ampisafy Mafia, sur scène, porte les couleurs de Madagascar. |
La voix de Madagascar a résonné jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde de Slam organisée à Paris. Représentante de la Grande Île dans cette compétition internationale, la poétesse-slameuse Ampisafy Mafia n’a toutefois pas décroché son ticket pour la finale lors de l’étape décisive disputée ce jeudi soir. Une élimination honorable qui n’efface en rien l’empreinte laissée par sa prestation sur scène.
Ampisafy Mafia, lors d’une interview, reconnaît avoir ressenti une certaine appréhension avant son départ pour Paris, notamment en raison de l’utilisation de la langue malgache dans ses textes. « En quittant Madagascar, j’avais peur que le public n’apprécie pas ce que je faisais parce que mes textes sont en malgache. On dit souvent que traduire, c’est trahir, et les spectateurs lisaient surtout les traductions à l’écran », explique-t-elle. Malgré cette inquiétude, l’artiste garde un souvenir positif de cette expérience internationale.
« Au final, tout s’est bien passé et l’expérience a été magnifique», affirme-t-elle.
Selon Madagaslam, la qualification s’est jouée à un écart infime. « Les scores ont été d’une extrême justesse: seule une marge de 0,1 point a séparé notre représentante de la finale », indique la publication officielle du collectif.
Grande fierté
La slameuse évoque également l’intensité du niveau en compétition.
« C’était une vraie compétition entre champions, donc il est normal que les notes soient aussi serrées », souligne-t-elle.
Pour Seth Seven, slameur, chargé de communication de Madagaslam et responsable de la tournée européenne, cette demi-finale reste une grande fierté pour Madagascar. Il souligne notamment l’originalité du texte et de la performance d’Ampisafy Mafia, qui ont surpris le public international. « L’originalité de son texte a vraiment marqué les gens. Ils ont découvert une autre manière de faire du slam à Madagascar », confie-t-il. Avant d’ajouter : « Nous avons notre propre originalité et notre identité artistique ».
Le slameur rappelle également le niveau particulièrement élevé de cette compétition mondiale. Les candidats présents sont, pour la plupart, habitués aux grandes scènes internationales, alors que Madagascar présente souvent de nouveaux représentants chaque année. « Ce n’est pas un échec. Les participants du Mondial ont déjà une expérience internationale importante, alors que pour nous, ce sont souvent de nouvelles voix qui découvrent ce niveau», explique Seth Seven.
Quelques difficultés techniques ont aussi marqué sa prestation. Une partie du script aurait été oubliée pendant la performance, provoquant quelques répétitions et blancs sur scène.
Malgré cette élimination, l’aventure européenne d’Ampisafy Mafia continue. La slameuse participera prochainement à plusieurs résidences artistiques et scènes ouvertes en Allemagne. Elle retrouvera notamment Seth Seven lors de la quatrième édition du Spass Gasy, prévue les 23 et 24 mai.
Cassie Ramiandrasoa
