MOBILITÉ - Les transports publics à bout de souffle

Des membres de la plateforme Solidarité des transporteurs de personnes et des marchandises, hier, à Alasora.

Le secteur du transport traverse une période de fortes turbulences, selon les acteurs réunis hier à Alasora, qui alertent sur une dégradation continue des conditions d’exploitation et de service.

« Le secteur du transport est en difficulté, il va mal », a déclaré le président de l’Union des coopératives des transporteurs urbains (UCTU), Jean-Louis Émile Rakotonirina, lors d’une conférence de presse tenue hier à Alasora. La rencontre était consacrée à la présentation d’une nouvelle plateforme de solidarité des transporteurs de personnes et de marchandises à Madagascar.

Baptisée « Vovonan’ny firaisankinan’ny mpitatitra olona sy entana », la plateforme, créée le 2 avril, regroupe des acteurs du transport national, régional, urbain et suburbain, ainsi que des opérateurs de fourgons et de taxis. Elle déplore la situation actuelle du secteur.

Ses promoteurs affichent plusieurs objectifs : améliorer les services de transport terrestre, identifier les principaux dysfonctionnements et renforcer le dialogue avec les autorités. Ils rappellent que le transport public constitue un service essentiel, « mais qu’il bénéficie d’une aide insuffisante de l’État malgré les pertes subies ». Ils pointent également une réglementation jugée peu flexible et une fiscalité en hausse.

La dégradation des infrastructures routières accentue les difficultés. Dans la capitale, de nombreux axes sont fortement détériorés. Les nids-de-poule se multiplient, la circulation se complique et les embouteillages s’allongent. Sur les routes reliant Antananarivo aux régions, certains tronçons sont presque impraticables, allongeant considérablement les temps de trajet. Usagers et transporteurs en subissent directement les effets.

Face à cette situation, les transporteurs affirment avoir engagé des discussions avec les autorités. Plusieurs propositions ont été formulées et restent en attente de réponse, sans que leur contenu ait été précisé. Ils souhaitent également renforcer la concertation avec les usagers et les collectivités locales afin d’améliorer la qualité du service.

Du côté des usagers, les difficultés sont également perceptibles. « On perd beaucoup de temps chaque jour », témoigne un employé habitant à Andoharanofotsy. Selon lui, les taxi-be se font de plus en plus rares aux heures de pointe. « Avant, on attendait dix à quinze minutes ; maintenant, parfois plus d’une demi-heure. Et quand ils arrivent, ils sont déjà pleins. On est souvent obligés de marcher ou de prendre un taxi individuel, ce qui revient plus cher. »

Tous espèrent une amélioration rapide du service et des infrastructures routières afin de fluidifier la circulation.

Mialisoa Ida

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