« Follow the money ». Une expression anglaise devenue un principe dans la lutte contre la criminalité économique, que l’État compte mettre en œuvre à Madagascar. Il consiste à cibler l’argent et les biens, en somme, les fruits des malversations financières. Tel est l’esprit du projet de loi portant modification de celle sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Afin d’atteindre cet objectif, le projet de texte prévoit comme principale innovation, « le renversement de la charge de la preuve ». Ce sera à l’individu suspecté de malversations financières de prouver que son argent et ses biens ne proviennent pas d’actes illicites. L’information a été partagée par Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, durant un atelier organisé par le Service de renseignement financier (SAMIFIN), à Ambohijanaka, jeudi.
Le chef du gouvernement, également ancien directeur général du SAMIFIN et ancien directeur régional du Bureau indépendant de lutte contre la corruption (BIANCO), explique qu’il est difficile de prouver les délits financiers. C’est d’autant plus difficile lorsqu’il s’agit d’appréhender les principaux auteurs ou les principaux bénéficiaires des délits.
Aussi, en ciblant les biens mal acquis par le renversement de la charge de la preuve, il serait plus facile de confondre les gros bonnets, à entendre les explications du locataire de Mahazoarivo. « Il sera plus facile de démanteler les réseaux de malfaiteurs », affirme le Premier ministre Rajaonarison.
Garry Fabrice Ranaivoson