La Génération ye ye connaît très bien ce tube des années 60 (sorti en 1963) de Serge Gainsbourg et Jane Birkin.
Voici un extrait des paroles de cette chanson culte dont le titre relève d’une inspiration dont seul Gainsbourg a le secret.
Oh oui, je t’aime
Moi non plus
Oh, mon amour
Comme la vague irrésolue
Je vais, je vais et je viens
Tu es la vague, moi l’île nue
Tu vas, tu vas et tu viens
On l’aura deviné, il s’agit d’une parodie de l’idylle entre l’État et le FFKM. Au début, on avait annoncé que l’organisation de la concertation nationale était confiée au FFKM. Ce dernier semblait pris au dépourvu et ne savait pas par quel bout prendre l’affaire. Et de tergiversation en indécision, il semblait que le consortium des quatre Églises a fini par être écarté du processus. On susurrait qu’il s’agissait d’une affaire d’État et non de l’Église. Du moins, aucun de ses représentants n’a été aperçu lors de l’ouverture de la concertation nationale des jeunes au CCI Ivato. Le FFKM a fini par se rendre à l’évidence et a compris une chose : la laïcité de l’État. L’Église chez elle, l’État chez lui. Ainsi, le FFKM s’est résolu à organiser un conclave de quatre jours pour apprécier la situation et déclarer ce qu’il en pense. On attendait avec impatience la déclaration finale, mais surprise lors de l’ouverture du forum qui était censé être un conclave. Tout l’appareil de l’État était là pour montrer sa confiance et réattribuer l’organisation de la concertation nationale, assortie d’un budget équivalent à plusieurs deniers de culte de plusieurs dimanches de toutes les églises regroupées au sein du FFKM.
Après le coup de butoir des évêques, qui n’ont pas eu la langue dans leur poche, en appelant un chat un chat, le FFKM aurait voulu fouetter le même chat. Mais les choses ont pris une autre tournure. Le FFKM, devenu allié de l’État, serait-il bâillonné par cet élan de générosité, cette sympathie inespérée ? Or, les évêques font partie du FFKM. Ce serait aberrant s’ils disaient le contraire de ce qu’ils ont affirmé il y a une semaine.
Mais, pour justifier le yo-yo du FFKM au yé-yé de Gainsbourg, on dira juste que la politique a ses raisons que la dévotion ignore.
L’opinion risque ainsi de rester sur sa faim si elle s’attendait à une rodomontade de l’Église contre la conduite des affaires nationales. On s’attend plutôt à une simple lecture du « vaovaom-piangonana ».
Eh oui, négliger le poids de l’Église serait une grossière erreur avec une population totale de quinze millions de croyants, toutes confessions confondues. Un sacré réservoir électoral, en attendant que les faiseurs de miracles fassent marcher l’eau, l’électricité et, surtout, annihilent la pauvreté. Les vendeurs de rêve ont aggravé la situation et plongé le pays dans les abysses d’une « île nue », comme le disait si bien Gainsbourg.
Sylvain Ranjalahy