La Grande Île ambitionne de tracer sa propre trajectoire en matière de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Face aux mutations récentes, les parties prenantes plaident désormais pour une institutionnalisation de cette démarche.
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| Les parties prenantes se sont réunies au Café de la Gare pour fixer les préparatifs du salon RSE-IDD en juillet. |
Nous avons besoin d’une RSE ancrée dans les réalités malgaches », préconisent conjointement le secteur privé et les pouvoirs publics. Ce constat a été au cœur des échanges lors de la réunion de préparation de la 10e édition du salon RSE-IDD, tenue au Café de la Gare. L’événement, initialement prévu en septembre, avait dû être ajourné en raison de la conjoncture économique.
Si la RSE demeure une démarche volontaire à Madagascar, un intérêt croissant des entreprises pour les enjeux sociaux et environnementaux est observé. Toutefois, cette dynamique s’opère à deux vitesses. L’intégration de ces pratiques dans les stratégies d’investissement reste l’apanage des grands groupes. Disposant de budgets conséquents, ces derniers bénéficient d’une visibilité accrue, reléguant les petites et moyennes entreprises (PME) au second plan.
« Nous constatons que l’intérêt pour la RSE s’est nettement accentué depuis une dizaine d’années. Toutefois, de nombreuses PME peinent encore à en saisir les enjeux, alors que cet aspect constitue un baromètre essentiel pour mesurer l’impact des investissements sur les communautés locales »,
analyse Tiana Rasamimanana, président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM). L’enjeu majeur réside, selon lui, dans l’équilibre entre les attentes des populations locales et les impératifs des investisseurs.
Pour Ulrichia Rabefitiavana, directrice du cabinet Innoveo, la phase de sensibilisation doit désormais céder la place à l’opérationnel.
Passer à l’action
« Durant les neuf éditions précédentes, notre mission consistait à sensibiliser les entreprises. C’était une étape nécessaire. Aujourd’hui, il faut passer à l’action et définir des protocoles clairs pour les entreprises, les investisseurs et, plus spécifiquement, pour les PME », précise-t-elle.
Du côté de l’État, l’heure est à la structuration stratégique. Rivosoa Rabenandrianina, directeur général du Développement durable au ministère de l’Environnement et du Développement durable, a évoqué l’élaboration de la stratégie nationale de la RSE. « Dans un premier temps, nous avons établi un guide pour accompagner les entreprises dans cette démarche volontaire. Mais pour transformer l’essai, une feuille de route est indispensable. C’est ce que nous élaborons actuellement avec les parties prenantes », explique-t-il.
Un comité de pilotage sera mis en place cette année pour définir les orientations de la RSE malgache. Pour le directeur général, le défi est aussi écologique : « Le volet environnemental représente un enjeu majeur pour les investissements à Madagascar. Le secteur privé joue un rôle déterminant dans la gestion des ressources naturelles, puisqu’il tire l’essentiel de sa croissance de l’agriculture et de la transformation des matières premières locales. »
Itamara Otton
