ÉNERGIE - Le carburant vendu en bouteille dans les zones enclavées

Dans plusieurs régions enclavées de Madagascar, où les stations-services sont rares ou inexistantes, la vente de carburant en bouteille demeure une solution de proximité pour les usagers. Cette pratique, largement répandue dans les communes rurales et sur les axes secondaires, permet aux automobilistes, motocyclistes et agriculteurs de poursuivre leurs activités malgré l’éloignement des réseaux de distribution officiels.

À Mangarivotra, alors qu’il achète cinq litres de gasoil auprès d’un vendeur informel, Datou, chauffeur de bus suburbain sur l’axe Ivato–Anjomakely, défend l’utilité de ce commerce. 

« L’existence de ces revendeurs de carburant en bouteille prend en général une marge de 1000 ariary à 1500 ariary de plus que dans les stations-services. D’après moi, ce genre de commerce m’aide beaucoup en cas de panne de gasoil ou de réparations. Les milieux ruraux ont aussi besoin d’énergie. S’ils interdisent la revente de carburant en bouteille, que vont faire les automobilistes et les autres habitants des régions rurales de Madagascar alors qu’il n’y a pas de stations-services ? Que vont-ils faire, dites-moi ? »

Cette interrogation résume le dilemme auquel sont confrontées de nombreuses localités rurales : concilier les impératifs de sécurité avec la nécessité d’assurer un accès minimum au carburant.

Selon les données publiées récemment par l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), Madagascar compte actuellement 341 stations-services réparties entre les quatre principaux distributeurs du pays. Malgré cette présence, la couverture du territoire reste inégale. De nombreuses communes rurales se trouvent encore à plusieurs dizaines de kilomètres d’une station-service. Dans ces zones, les vendeurs de carburant en bouteille constituent souvent le seul moyen d’approvisionnement rapide pour les usagers.

Si ce commerce répond à une demande réelle, il soulève également des préoccupations importantes. Le stockage et la manipulation de carburants dans des bouteilles ou des récipients non adaptés présentent des risques d’incendie et d’explosion. À cela s’ajoutent l’absence de contrôle de la qualité des produits vendus et le non-respect de la réglementation en vigueur.

Hasina Giovanni

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