Co-fondatrice de Raketa Studio, créateur de jeux vidéo, Dina Valisoa Ratsisetraina est une des intervenantes durant le Business Forum, lors de la première journée du Sommet « Africa Forward », hier. Elle nous partage ses ressentis.
Quel est votre ressenti après votre intervention durant ce Business Forum?
Je ressens une grande satisfaction, et j’espère que le message des jeunes intéressés par le secteur des industries culturelles et créatives parviendra jusqu’aux investisseurs.
En quelques mots, quel est ce message ?
Le message est simple: nous rencontrons des difficultés dans la production d’œuvres culturelles. Cependant, cela ne doit pas nous décourager. Une des solutions consiste à développer des collaborations, que ce soit entre Africains ou avec des structures françaises davantage engagées dans les industries culturelles.
Pour le secteur des jeux vidéo en particulier, dans lequel vous évoluez, quels sont les obstacles et les défis ?
L’un des principaux défis est le manque de formations spécialisées. À Madagascar, par exemple, seul le projet Ony propose des formations dans le domaine des jeux vidéo, et les places sont malheureusement limitées. À cela s’ajoutent des difficultés plus basiques, comme les problèmes d’électricité.
Comment surmonter ces obstacles ?
Une solution concrète est la mutualisation des moyens. Par exemple, des jeunes souhaitant développer un jeu peuvent collaborer : si l’un dispose d’un ordinateur et l’autre non, ils peuvent travailler ensemble. De même, si certains rencontrent des problèmes d’électricité, ils peuvent se rapprocher de ceux qui n’en ont pas. Par ailleurs, ceux qui maîtrisent les langues étrangères ou les techniques de négociation peuvent aider les autres à convaincre des partenaires et à trouver des financements.
Quel est le potentiel de l’Afrique dans le domaine des jeux vidéo ?
En Afrique, le secteur des jeux vidéo se divise en deux grandes branches: le développement et l’e-sport. Ce dernier connaît actuellement une forte croissance sur le continent, avec de nombreux tournois et événements organisés. En revanche, le développement de jeux vidéo est encore en phase de progression. Nous sommes encore peu nombreux, mais nous avançons. Par exemple, les jeunes Malgaches se distinguent régulièrement lors de compétitions comme les Game Jam [un concours de création de jeux vidéo]. Certains jeux africains commencent également à se faire connaître à l’international. Nous sommes encore au début, mais les efforts se poursuivent.
Garry Fabrice Ranaivoson
