CONJONCTURE - Le FFKM sonne l’alerte

Dans une déclaration publiée jeudi, le FFKM alerte sur la dégradation du climat social et politique dans le pays. Face aux tensions et aux divisions, les Églises appellent à la responsabilité collective et à l’apaisement.

La déclaration publiée jeudi est signée par les quatre chefs des Églises au sein du FFKM.

Le pays est gravement malade.» Des mots avec lesquels le Conseil oecuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) fait part de ses préoccupations sur la situation nationale.

Dans une déclaration publiée jeudi, les Églises tirent la sonnette d’alarme sur le fait que le pays se trouve sur une pente glissante.

Elles appellent ainsi à la vigilance, à l’apaisement et à une responsabilité collective. « Nous reconnaissons ensemble que le pays est gravement malade et a besoin d’un traitement et d’une guérison urgents », affirme sans ambages le texte signé par les quatre chefs des Églises au sein du FFKM.

Le message du Conseil oecuménique évoque un climat d’inquiétude face à la recrudescence de la tension politique et la persistance de la pauvreté. « L’Église constate que le Fihavanana, valeur fondamentale qui unit les Malgaches, est menacé. Les tensions sociales et politiques se multiplient, accompagnées de provocations à travers les discours, les médias et les réseaux sociaux, visant à diviser les citoyens », regrette le FFKM.

« En tant que voix prophétique et sentinelle au sein de la nation, les Églises réunies au sein du FFKM ne peuvent rester silencieuses face à cette situation », ajoutent-elles. La déclaration signée par les quatre chefs d’Églises pointe notamment du doigt la multiplication des discours clivants. Des propos jugés de nature à mettre en danger l’unité nationale.

« Madagascar est riche de sa diversité, mais celle-ci ne doit pas être une source de division. Malgré les différences d’origine, nous formons un seul peuple, avec une histoire commune et un avenir partagé. Il convient d’éviter toute instrumentalisation des différences ethniques ou régionales à des fins de division », soutiennent les Églises.

Assemblée générale

Elles appellent ainsi à ce que cessent les discours haineux, les comportements clivants et toutes formes de provocation, « car il ne peut y avoir de développement durable sans paix et sans unité ».

Le Conseil oecuménique a passé en revue toutes les sources susceptibles de nuire à la cohésion nationale et à la paix sociale. Outre les discours haineux, le FFKM met également en garde contre la propagation des fausses informations. La désinformation que les Églises estiment « sources de désordre, de tensions et de conflits relationnels ». Elles appellent alors à ce « qu’il est nécessaire de revenir à la vérité, car «la justice élève une nation» [en référence à un verset biblique] ».

Face à la pauvreté dans laquelle s’enlise la majorité des ménages, le FFKM met en exergue la mauvaise gestion et les détournements des ressources au profit d’une minorité. Une situation qu’il qualifie de « crime envers la nation et les concitoyens ». Ainsi, le Conseil oecuménique « exhorte les responsables à accomplir leurs devoirs avec intégrité et transparence, afin de protéger les plus vulnérables et de promouvoir le bien commun ».

Après avoir dressé un tableau accablant de la situation nationale, le FFKM réaffirme sa volonté à accompagner toute démarche visant à reconstruire la nation. Il réitère notamment sa disponibilité à conduire la concertation nationale suivant le mandat qui lui a été conféré par le chef de l’État. Les Églises précisent cependant « qu’en dehors du culte célébré le 10 décembre 2025 au CCI Ivato, le FFKM n’a pas participé à l’organisation des différentes concertations qui se sont tenues jusqu’ici ».

Comme traduction en actes de sa volonté à prendre part aux recherches de solutions pour panser les maux du pays, le Conseil oecuménique annonce la tenue d’une assemblée générale du 18 au 21 mai, à Antananarivo.

Un rendez-vous qui vise, entre autres, « à préparer les différents dialogues nationaux, afin de créer un climat apaisé propice à des échanges sincères et constructifs », argue le FFKM.

Martelant son statut de « voix prophétique et sentinelle au sein de la nation », le FFKM lance un ultime appel à la paix et à l’unité nationale en déclarant: « L’Église appelle tous les Malgaches à choisir la voie de la paix plutôt que celle de la violence, la fraternité plutôt que le conflit, la vérité plutôt que le mensonge, l’unité plutôt que la division, et la justice dans le respect d’autrui.

L’avenir de la nation dépend des choix que nous faisons aujourd’hui. » Elle ajoute: « La reconstruction de Madagascar ne dépend pas uniquement de réformes structurelles, mais surtout d’une transformation des mentalités, des coeurs et des comportements. »

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. Il faut nommer qui sont les responsables et plus particulièrement ceux qui ont au pouvoir. Si la situation est grave, ce n'est pas la faute du peuple d'en bas qui galère tous les jours. Promesses il y a eu, elles doivent être tenues, sinon le peuple ne comprendra pas.

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