La Foire internationale de Madagascar a ouvert sa 27e édition, hier, au CCI Ivato. Les organisateurs veulent en faire un rendez-vous plus structuré, tourné vers l’innovation et la relance économique.
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| La FIM se tiendra jusqu’à dimanche prochain au CCI Ivato. |
La Foire internationale de Madagascar (FIM) revient dans un contexte économique fragile. Lancée hier au Centre de conférences internationales d’Ivato, sa 27e édition entend envoyer un signal de reprise, après une année difficile pour de nombreuses entreprises malgaches.
Cette année, les organisateurs disent avoir repensé l’événement afin de mieux valoriser les acteurs économiques et de favoriser les échanges entre secteurs.
« Nous voulons présenter cette année une FIM repensée, plus structurée pour valoriser chaque acteur, plus utile, plus connectée pour faire dialoguer des secteurs qui évoluaient trop souvent en silos », a déclaré Oranne Ranaivo Rajaonarisoa, directrice générale adjointe de Madavision, lors de la cérémonie d’ouverture.
Près de 30 000 visiteurs sont attendus jusqu’à dimanche. Plus de 350 exposants sont réunis sur 22 000 mètres carrés d’espace d’exposition. L’édition 2026 est placée sous le thème « Madagascar en mouvement : les secteurs qui bougent, les idées qui avancent ».
Pour les organisateurs, il s’agit de dépasser le format classique d’une foire commerciale pour faire de la FIM un espace de dialogue économique.
« Au-delà des chiffres, ce qui nous anime, c’est l’impact durable sur l’économie malgache. Cette réussite appartient à ceux qui nous ont fait confiance », a poursuivi Oranne Ranaivo Rajaonarisoa.
Levier de croissance
Mais l’ambition affichée se heurte aux contraintes structurelles de l’économie nationale. Herinjatovo Aimé Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances, a rappelé que Madagascar devait accélérer sa transformation économique. « Au fil des années, la FIM a grandi. Elle est devenue un grand événement national. Un espace où les entreprises se rencontrent, où les investisseurs observent, où les producteurs exposent leurs savoir-faire, où les partenaires échangent. Cette édition 2026 intervient dans un contexte particulier. Madagascar doit activer sa transformation économique », a-t-il déclaré.
Le ministre a également insisté sur les limites actuelles de la croissance. « Notre économie ne crée pas encore assez de richesse pour suivre l’évolution de la croissance démographique et les besoins croissants de la population. Le PIB par habitant, estimé à 844 dollars en 1971, n’est plus qu’à sa moitié aujourd’hui », a souligné le ministre.
Pour le gouvernement comme pour les organisateurs, la FIM doit servir de vitrine, mais aussi de levier. L’enjeu sera de transformer l’optimisme affiché pendant ces quatre jours en dynamiques économiques durables. Les organisateurs rappellent d’ailleurs que « la FIM entend ne pas rester une simple exposition éphémère, mais devenir un véritable levier de croissance tout au long de l’année ».
Itamara Otton
