ALASORA - Deux cousins condamnés à cinq ans de travaux forcés

Une affaire de vol avec violence survenue à Mahitsy Alasora s’est soldée, le 28 avril, par un procès devant la Cour criminelle ordinaire. Deux cousins ont été condamnés.

Le 28 avril, des proches des accusés dans la cour  du Palais de Justice d’Anosy.

Cinq ans de travaux forcés et cinq ans d’interdiction de séjour. La Cour criminelle ordinaire a prononcé, le 28 avril, ce verdict contre deux cousins accusés de vol avec violence à Mahitsy Alasora. Le procès s’est tenu dans la salle 4 du tribunal d’Anosy.

Deux autres accusés, deux frères, ont été acquittés au bénéfice du doute. Le plaignant était absent à l’audience. Lors des enquêtes précédentes, il avait pourtant indiqué qu’il fixerait le montant des dommages et intérêts le jour des débats contradictoires.

Le commerçant, domicilié à Mahitsy Alasora, rentrait d’Ambohimanambola le 22 février 2025, après ses activités quotidiennes. Descendu d’un taxi-moto, il devait emprunter une ruelle où l’attendait son cousin mineur.

Vers 19 h 30, selon leur déclaration lue par la greffière et reprise par le juge, plusieurs individus les ont attaqués. L’un des assaillants a frappé la victime par derrière avec un bâton pour la faire tomber. Un autre s’en est pris au garçon, qu’il a jeté dans un canal avant de l’enfoncer dans l’eau avec son pied, puis de rejoindre ses coauteurs qui dépouillaient le marchand.

D’après le récit versé au dossier, le garçon a récupéré son téléphone tombé au sol. Il est parvenu à sortir de l’eau, a allumé la torche de son portable et a éclairé les agresseurs pour tenter de les identifier. C’est à ce moment-là qu’il a reconnu les deux cousins, sans parvenir toutefois à identifier les autres assaillants.

Après avoir laissé leur victime pour morte et lui avoir dérobé 3 100 000 ariary, les malfaiteurs ont pris la fuite. Le blessé a été conduit à l’hôpital, où un médecin lui a délivré un certificat faisant état d’une incapacité totale de travail de quinze jours.

Accusations de torture

Saisie de la plainte, la police a arrêté les quatre suspects, qui ont tous nié les faits au procès. Surpris, le juge leur a demandé de s’expliquer. « J’étais chez moi à cette heure-là, en train de cuisiner. Je ne comprends pas pourquoi la victime m’implique dans cette histoire. Pourtant, nous vivons dans le même quartier et n’avons aucun problème », a déclaré le premier accusé.

Son cousin a tenu un discours similaire, affirmant qu’il se trouvait au bord de la rue avec des jeunes, en attendant un petit boulot ce soir-là. Dans leur secteur, il est tristement réputé pour être un voleur. Lors de son interrogatoire à la police, il avait cité les deux frères, qui disent ne rien savoir 

de ce qui s’est passé. Une attestation collective signée par le président du fokontany a d’ailleurs soutenu l’innocence de l’aîné. Tous deux travaillent comme maçons. «Vous contestez maintenant l’accusation. Pourquoi avoir avoué lors de l’enquête préliminaire ?», a interrogé le juge.

Les quatre accusés ont affirmé avoir subi des tortures au commissariat et ont précisé qu’ils avaient nié les faits devant le juge d’instruction. Les coaccusés ont rapporté avoir subi le même sort. L’aîné a même montré au juge une grave cicatrice dans le dos.

« Vous n’avez pas de témoin qui puisse confirmer que vous étiez chez vous ce soir-là ? Votre femme ou des membres de votre famille ? », a demandé le juge au premier accusé.

La représentante du parquet général a insisté sur l’absence de preuve permettant d’étayer l’alibi des deux cousins, mis en cause par le témoin à charge. Concernant les deux frères, elle a estimé que leurs premiers aveux semblaient avoir été extorqués et qu’ils avaient été impliqués sans preuve solide.

L’avocat des deux frères a rejoint l’analyse de l’avocate générale concernant ses clients. La défense des deux cousins, commise d’office, a tenté de faire naître le doute. Le juge et ses assesseurs ont toutefois retenu leur culpabilité. Ils ont été condamnés à cinq ans de travaux forcés et à cinq ans d’interdiction de séjour.

Gustave Mparany

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