À Toliara, le Tsapiky Festivaly a rassemblé une foule impressionnante lors de deux soirées musicales, les 16 et 17 avril, confirmant l’engouement national pour cette musique emblématique du Sud-Ouest.
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| Black Nadia en prestation scénique intense au Tsapiky Festivaly. |
Dès les premières notes, le Kianjan’ny Maître Kira s’est transformé en une véritable marée humaine, envahi par un public venu en masse jusqu’à saturation du site. L’ambiance, électrique et ininterrompue, n’a connu aucun répit, les spectacles s’enchaînant jusqu’à l’aube durant deux nuits consécutives.
Sur scène, plus de quarante artistes, figures emblématiques et jeunes talents, ont assuré le rythme de ces soirées exceptionnelles. Josex, Wawa, Black Nadia, Stéphanie, Lico Kininike ou encore Tirike ont tour à tour enflammé le public à travers des prestations dynamiques mêlant chant et danse. Accompagnés de nombreux danseurs, ils ont mis en valeur toute la richesse du tsapiky, danse traditionnelle propre à Toliara, reconnaissable à ses mouvements expressifs: les hanches fortement sollicitées chez les femmes, les épaules rythmées chez les hommes. Cette fusion entre musique et gestuelle a renforcé l’adhésion du public, totalement immergé dans l’ambiance.
Au-delà de la performance artistique, le festival a également été marqué par une reconnaissance symbolique majeure. Une trentaine d’artistes ont été élevés au rang de commandeurs, incluant des figures majeures du genre ainsi que de jeunes talents, à l’image de Ratsara Alexis, Hadar Ahmed Amine, Josex Randriamamonjy et plusieurs autres. Cette distinction souligne leur rôle essentiel dans la préservation, la transmission et le rayonnement du tsapiky à l’échelle nationale.
Impact économique
Porté par le ministère de la Communication et de la Culture, l’événement s’inscrit dans une volonté affirmée de valoriser cette richesse culturelle malgache, notamment dans le cadre de sa reconnaissance par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). La cérémonie officielle organisée à Andaboly a ainsi constitué un moment fort, marqué par la remise symbolique du tsapiky comme patrimoine au peuple malgache.
Initialement attendue à 16 heures, l’arrivée du président de la Refondation de Madagascar a connu un retard, ce qui a modifié le déroulement des activités prévues en journée. En raison de ce décalage, plusieurs temps forts, notamment le carnaval culturel et certaines animations programmées, n’ont pas pu se tenir en présence des autorités. Le chef de l’État et sa délégation ne sont finalement arrivés à Andaboly que dans la soirée, pour la cérémonie officielle.
En parallèle, la ville de Toliara a connu une affluence exceptionnelle, avec des établissements hôteliers majoritairement complets durant toute la durée du festival, témoignant de l’impact économique et touristique de cette manifestation d’envergure.
Cassie Ramiandrasoa
