Le tsapiky, enraciné dans l’histoire de Toliara, s’impose comme un élément structurant de la culture du Sud de Madagascar. Il associe musique, danse et transmission au sein des pratiques sociales locales.
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| Josex Randriamamonjy, figure emblématique du tsapiky, partage son parcours et sa vision lors d’une interview. |
Caractérisé par un rythme rapide et une forte dimension expressive, le tsapiky s’est développé progressivement pour devenir un repère identitaire régional. Il est notamment porté par des artistes tels que Josex Randriamamonjy, auteur-compositeur du groupe Los Belia, qui contribue à documenter et à diffuser ce genre musical.
Selon cet artiste, le tsapiky, dans sa forme actuelle, s’affirme à partir de 1976. Il s’inscrit toutefois dans une continuité musicale plus ancienne, influencée notamment par le « jeriky », largement répandu dans les années 1970. Dès le début de cette décennie, des enregistrements réalisés par Fredy Ranarison participent à la diffusion de ces sonorités. D’autres figures, comme Maxi Marcial ou Zix Rolland, contribuent également à cette dynamique.
À partir du milieu des années 1970, le tsapiky se structure comme un genre distinct, porté par des pionniers tels que Kaboto, Boloko et Tsitahake. Il se distingue notamment par un jeu de guitare spécifique, sans médiator, produisant une sonorité caractéristique. Initialement instrumental, il repose sur une formation composée d’une guitare solo, d’une basse et d’une batterie. Le chant s’y intègre par la suite, avec Alexis parmi les premiers à introduire la voix.
Place importante
Originaire du fokontany d’Amboroneoke, à Toliara, le tsapiky s’accompagne d’une danse codifiée, centrée sur le mouvement du bassin et enrichie de figures spécifiques comme le « kininike» ou le « mandrongabala ». Certaines performances incluent des postures plus élaborées, participant à une mise en scène du corps.
Au-delà de ses dimensions artistiques, le tsapiky occupe une place importante dans la vie sociale. Il accompagne cérémonies, fêtes et rassemblements, et constitue un espace d’expression pour les jeunes générations. Il contribue ainsi à la transmission de pratiques culturelles et à la cohésion communautaire.
Pour Josex Randriamamonjy, aujourd’hui âgé de 63 ans, le tsapiky relève d’un héritage culturel à préserver. Installé à Morondava, il poursuit ses activités musicales et participe à la valorisation de ce répertoire, tout en explorant d’autres registres.
Le tsapiky connaît aujourd’hui des évolutions, notamment avec l’intégration de nouveaux instruments et influences musicales. Malgré ces transformations, ses caractéristiques fondamentales demeurent. Les variations observées tiennent davantage aux arrangements instrumentaux qu’à la structure de la danse, relativement stable.
Reconnu comme un élément du patrimoine culturel, le tsapiky continue de s’inscrire dans une dynamique entre transmission et adaptation, confirmant sa place dans le paysage culturel malgache.
Cassie Ramiandrasoa
