La coopération public-privé est un levier essentiel pour promouvoir l’investissement à Madagascar. Cette importance a été confirmée par l’EDBM lors du lancement de la célébration de son 20e anniversaire.
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| Les responsables de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), avec les partenaires. |
Vingt ans après sa création, l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) met en avant les progrès accomplis dans la facilitation de l’investissement. Mais derrière les avancées affichées, l’amélioration du climat des affaires demeure largement conditionnée par la capacité de l’État à coordonner ses administrations et à rendre effectives les réformes annoncées.
Chargé notamment de faciliter l’implantation des entreprises à Madagascar à travers le guichet unique de création, l’EDBM a profité du lancement de la célébration de son 20e anniversaire, hier à Antaninarenina, pour rappeler le rôle central de la coopération public-privé. Sa directrice générale, Josielle Rafidy, a ainsi souligné que « l’amélioration de l’entrepreneuriat dépend nécessairement de la coopération avec les ministères afin d’atteindre un climat des affaires attractif ».
Au-delà de cette déclaration, c’est bien la question de l’efficacité de l’action publique qui affleure. Car si les procédures de création d’entreprise ont été simplifiées au fil des années, le parcours des investisseurs reste tributaire de multiples administrations, dont les interventions demeurent parfois dispersées. Le suivi des entreprises créées, notamment, relève de plusieurs services, parmi lesquels la Direction générale des impôts.
Selon l’EDBM, le climat des affaires s’est amélioré au cours des vingt dernières années. L’institution met en avant la réduction des délais d’immatriculation, passés de plus d’une semaine à environ 48 heures grâce à la digitalisation, ainsi que la mise en service, en février 2024, de la plateforme e-work pour la délivrance des permis de travail destinés aux salariés étrangers. Elle insiste également sur la nécessité de renforcer le dialogue entre le secteur public et le secteur privé, présenté comme une condition de cette évolution.
Des réformes encore à éprouver
Les chiffres avancés par l’institution font état de près de 24 000 sociétés créées en vingt ans avec son accompagnement, dont environ 60 % relèvent du droit malgache. Mais ces données disent peu du devenir de ces entreprises, de leur pérennité ou de leur capacité à évoluer dans un environnement administratif souvent jugé contraignant.
L’EDBM entend désormais redynamiser ses antennes régionales, structurer sa cellule de promotion de l’entrepreneuriat et poursuivre la digitalisation de ses services. Sur le plan législatif, la loi sur les investissements adoptée en 2023, présentée comme alignée sur les standards internationaux, est également mise en avant comme un instrument destiné à renforcer l’attractivité du pays et à sécuriser les investissements privés.
Reste que l’existence des outils et des textes ne suffit pas, à elle seule, à transformer durablement l’environnement des affaires. Entre les annonces de réformes et leur traduction concrète, l’écart demeure souvent décisif pour les opérateurs économiques.
À l’occasion de son 20e anniversaire, l’EDBM prévoit aussi plusieurs événements destinés à valoriser son action, dont des journées portes ouvertes, ainsi que des initiatives internes axées sur la cohésion de ses équipes. Mais au-delà de la célébration institutionnelle, l’enjeu reste inchangé : créer un cadre plus lisible, plus stable et plus prévisible pour l’investissement.
Doris Mampionona
