Le professeur Solofo Jonis, chercheur et innovateur malgache, porte depuis 2009 un projet de transformation locale de l’huile lourde extraite du site pétrolier de Tsimiroro en carburant utilisable à Madagascar. En parallèle, Madagascar Oil, opérateur majeur du secteur pétrolier national, renforce également ses capacités de production.
Alors que le Fonds monétaire international (FMI) accentue la pression sur Madagascar pour supprimer les subventions sur les carburants dans les prochains mois et rétablir la « vérité des prix à la pompe », le projet du professeur Jonis apparaît comme une alternative stratégique pour limiter la dépendance aux importations pétrolières. Son ambition : produire du carburant localement à partir des ressources nationales et installer, à terme, une mini-raffinerie dans chaque région du pays.
Les expérimentations ont été menées dans plusieurs régions de Madagascar : à Moramanga pour les essais de biodiesel, à Iavoloha, Ivato, Ambohidratrimo, Ambohimangakely pour les véhicules de fonction et les transports publics, ainsi qu’à Ambatondrazaka pour les tracteurs et camions. Le cœur de la production reste toutefois concentré autour du gisement pétrolier de Tsimiroro, dans la région Boeny.
Le projet remonte à 2009, lorsque le professeur Jonis présente ses travaux aux autorités énergétiques malgaches. Malgré un accueil favorable à l’époque, aucun appui concret ne lui est accordé. Depuis 2016, plusieurs tests techniques ont démontré la fiabilité du carburant produit localement, jusqu’à l’arrêt provoqué par la crise du Covid-19. Aujourd’hui, les recherches ont repris sur plusieurs sites à travers le pays.
L’enjeu est devenu crucial dans un contexte international tendu. Le FMI exige la fin progressive des subventions sur les carburants, ce qui pourrait entraîner une hausse brutale des prix à la pompe et raviver une inflation comparable au choc pétrolier de 2022, la plus forte enregistrée à Madagascar depuis dix ans.
Pour Solofo Jonis, cette pression extérieure doit être transformée en opportunité nationale : « Il n’y a pas de loi qui interdit l’indépendance énergétique de Madagascar. L’État et le peuple doivent s’unir pour cela », plaide-t-il.
Hasina Giovanni Rabenandro
Oh meus deus, des mini raffineries? Bonjour l'environnement.
RépondreSupprimer