Le nouveau président de la délégation spéciale (PDS) de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) affronte sa première épreuve. Le syndicat des employés de la CUA monte au créneau.
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| Jaona Clément Nirintsoa, président du syndicat autonome de la CUA. |
Fenoherintsoa Ralambomanana, fraîchement nommé PDS, hérite d’une situation particulièrement sensible. Le syndicat des employés de la CUA monte au créneau et alerte sur des dérives qu’il dit observer dans la gestion interne de la commune.
Représenté par son président, Jaona Clément Nirintsoa, le syndicat autonome de la CUA dénonce ce qu’il qualifie d’« actes d’intimidation » à l’encontre de certains agents municipaux. Lors d’un point de presse tenu à Analakely, il a indiqué que « des employés sont actuellement en garde à vue à la gendarmerie de Fiadanana depuis quatorze jours ».
Selon ses explications, les motifs de leur interpellation auraient évolué au fil du temps. Initialement entendus dans le cadre d’une affaire liée à une tentative présumée de « coup d’État », les agents seraient désormais soupçonnés de détournement de fonds. Une situation jugée floue et préoccupante par le syndicat.
Dans un premier temps, celui-ci avait choisi de garder le silence afin de ne pas entraver les enquêtes en cours. Toutefois, face à ce qu’il considère comme une anomalie, il exige désormais la libération immédiate des employés concernés si aucune preuve tangible de malversation n’est établie.
De son côté, l’équipe dirigée par Finaritra Rajonson, première adjointe au maire assurant l’intérim depuis le départ de l’ancienne mairesse Harilala Ramanantsoa, n’a apporté aucune précision sur cette affaire. Dans ce contexte, les regards se tournent vers le nouveau PDS, dont les premières décisions sont attendues.
Vives réactions
Au-delà de cette affaire, la nomination de Fenoherintsoa Ralambomanana à la tête de la CUA continue de susciter des réactions. Le syndicat autonome, qui avait proposé trois candidats au poste sans succès, s’interroge sur les choix opérés par le pouvoir central.
Jaona Clément Nirin-tsoa s’est notamment interrogé sur l’absence de Tojo Ravalomanana, arrivé en deuxième position lors des dernières élections municipales. Il questionne également le cumul des responsabilités, relevant « qu’une personnalité déjà engagée au sein d’une institution législative est de nouveau appelée à diriger la capitale ».
Malgré ces réserves, le syndicat affirme ne pas s’opposer à cette nomination. Il plaide toutefois pour une meilleure prise en compte des préoccupations du personnel communal. Il demande, à ce titre, l’intégration d’un représentant des employés au sein du conseil d’administration, afin de favoriser un dialogue et de faciliter le traitement des problèmes internes.
Doris Mampionona
