Le centenaire de Siméon Régis Rajaona célèbre une figure majeure des lettres malgaches à travers une stèle, une voie baptisée et plusieurs actions mémorielles et académiques.
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| La stèle en hommage à Siméon Régis Rajaona à l’Université d’Antananarivo. |
Le centenaire de Siméon Régis Rajaona s’impose comme un moment fort de reconnaissance nationale, mettant en lumière l’héritage d’une figure incontournable de la littérature et de la recherche malgaches. Cette commémoration traduit une volonté claire : honorer durablement celui qui a profondément marqué l’histoire universitaire et linguistique du pays.
Dans cette dynamique, une cérémonie officielle s’est tenue à l’Université d’Antananarivo, marquée par l’inauguration d’une stèle commémorative et la dénomination de la voie reliant le rond-point d’Ankorahotra à l’université, qui porte désormais son nom. L’événement a réuni autorités académiques et institutionnelles, soulignant son importance historique. Il s’agit également de la première stèle dédiée à un professeur au sein de l’université.
Figure majeure
Selon le docteur Daniel Rajoelison, talen’ny sampana Malagasy au sein de la Faculté des lettres et des sciences humaines, cet hommage est pleinement justifié au regard du parcours du professeur. Il rappelle que Siméon Régis Rajaona fut une grande figure des lettres malgaches, reconnu comme le premier Malgache agrégé de grammaire et le premier doyen de la Faculté des lettres. Il est également le fondateur de la filière langue et lettres malgaches à l’Université d’Antananarivo, une création destinée à valoriser la langue nationale et à éviter qu’elle ne tombe dans l’oubli. Selon lui, ces réalisations fondatrices expliquent la nécessité de cet hommage officiel.
Également figure majeure de la littérature malgache, il est l’auteur de plusieurs ouvrages en langue malgache, dont « Takelaka Notsongaina », parmi d’autres contributions scientifiques et littéraires. Un tel parcours justifie l’érection d’une stèle en son honneur, en reconnaissance de son rôle dans la valorisation de la langue et de la culture malgaches.
Par ailleurs, la maison du professeur, située à Antsahabe, est en cours de transformation en patrimoine national, avec l’aménagement prévu d’une bibliothèque à son nom dès le mois de juin. Ce projet vise à préserver et transmettre son héritage intellectuel. En parallèle, un concours d’écriture a été lancé, accompagné d’une publication spéciale de la revue Hiratra, renforçant la dynamique culturelle autour de cette commémoration.
La célébration, qui se poursuit jusqu’au 18 février 2027, mobilise plusieurs acteurs institutionnels, notamment la commune et l’Université d’Antananarivo, autour de la valorisation de la recherche en langue malgache. Elle s’inscrit dans une volonté de renforcer la place du malgache dans le savoir académique.
À travers ces actions, le centenaire de Siméon Régis Rajaona ne se limite pas à un hommage symbolique. Il consacre la mémoire d’un homme décrit comme une icône de la littérature malgache, dont l’œuvre et l’engagement continuent d’inspirer les générations actuelles et futures.
Cassie Ramiandrasoa
