ANNIVERSAIRE NOIR - Le mystère reste entier

Dix mois après l’anniversaire noir de Fenohasina, qui a fait plus de trente morts, l’enquête demeure inachevée. Une plaignante continue de réclamer la vérité.

De nombreux prélèvements ont été effectués dans cette affaire, dont les résultats n’ont pas été communiqués.

Marie Harindravoavy, mère de famille ayant perdu ses deux enfants, Onja et Nombana, lors de l’anniversaire de Fenohasina, a affirmé jeudi qu’elle ne se taira pas et qu’elle continuera à réclamer la vérité.

Interviewée par une chaîne privée, elle a révélé que des prélèvements, tels que les cheveux, les ongles et la salive, avaient été effectués en août 2025 sur les victimes, qu’elles soient décédées, guéries ou encore hospitalisées. Ces échantillons auraient été envoyés en France pour analyse en laboratoire, mais aucun résultat n’a été communiqué jusqu’à présent.

Selon la mère de famille, ce sont des personnes ayant prêté main-forte aux victimes lors du drame qui ont demandé que ces prélèvements soient expédiés à l’étranger.

Elle conteste également le bilan officiel de trente-six morts. D’après ses déclarations, le nombre réel dépasserait la cinquantaine, certains proches n’ayant pas osé porter plainte. Elle évoque des décès à Ambohimirary qui n’ont pas été comptabilisés.

« Si autant de jeunes ont perdu la vie, il est inconcevable qu’aucune enquête sérieuse ne soit menée pour en déterminer les causes exactes », insiste-t-elle. Dans cette affaire, des survivants ont été envoyés en Russie et en Inde pour poursuivre des soins.

En détention

Côté judiciaire, cinq suspectes avaient été placées en détention au début de l’instruction. Il s’agit de Fenohasina, organisatrice de la fête, de sa mère, de sa cousine, d’une guérisseuse traditionnelle et de sa belle-sœur. Cette dernière a depuis obtenu une liberté provisoire.

Le dossier reste en phase d’instruction, selon les précisions recueillies auprès du tribunal. Les procédures criminelles de ce type durent en moyenne douze mois, parfois davantage, en raison de la complexité des recherches de preuves avant leur présentation devant la Cour criminelle ordinaire, comme l’a indiqué une source proche de l’enquête.

Le drame s’est produit le 14 juin 2025 dans un espace événementiel situé au carrefour d’Imerinkasinina, en bordure de la RN2. De nombreux invités étaient présents, mangeant et buvant, avant que plusieurs d’entre eux ne succombent les uns après les autres.

Gustave Mparany

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