La COI a retrouvé un nouvel élan depuis l’arrivée d’Edgard Razafindravahy à son secrétariat général. Des projets notables ont été engagés dans plusieurs domaines, notamment la sécurité maritime, la santé et la sécurité alimentaire.
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| Remise de prix au major de promotion du master régional en épidémiologie de terrain qui est une Malgache. |
Des actions concrètes, avec des effets réels. L’arrivée d’Edgard Razafindravahy aux commandes du secrétariat général de la Commission de l’océan Indien (COI) a impulsé une nouvelle dynamique à l’action de cette organisation régionale. Les projets et initiatives engagés ont renforcé la coopération entre les États membres, mais ils ont aussi replacé la COI comme un acteur incontournable dans l’océan Indien.
Depuis sa prise de fonction, en octobre 2024, Edgard Razafindravahy a mis l’accent sur une approche pragmatique et orientée vers les résultats. Cette vision s’est traduite par la consolidation de projets existants et le lancement de nouvelles initiatives structurantes, en partenariat avec des acteurs régionaux et internationaux. Trois secteurs, en particulier, reflètent cette activité soutenue de la COI depuis son arrivée : la sécurité maritime, la santé et la sécurité alimentaire.
Dans le domaine de la sécurité maritime, la COI poursuit le déploiement du programme MASE, ou Maritime Security Programme, en collaboration avec l’Union européenne (UE) et des organisations régionales. Ce programme vise à lutter contre la piraterie, la pêche illicite et les trafics en mer. Il s’appuie notamment sur des centres régionaux de coordination et de partage d’informations, permettant une surveillance accrue des espaces maritimes.
En matière de santé, la COI s’est illustrée par la mise en œuvre du réseau SEGA – One Health, ou Surveillance épidémiologique et gestion des alertes, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les ministères de la santé des États membres. Ce dispositif a joué un rôle crucial dans la gestion des crises sanitaires, notamment lors de la pandémie de Covid-19. Il permet une détection rapide des épidémies et une coordination des réponses à l’échelle régionale.
Un forum régional consacré à l’approche « Une seule santé », ou One Health, se tient justement depuis hier à l’île Maurice. Un événement qui vise à mettre en lumière les interdépendances entre santé humaine, animale et environnementale. Le coup d’envoi a été donné par le secrétaire général de la COI. L’événement est aussi l’occasion de mettre en avant la première promotion du master régional en épidémiologie de terrain. Seize professionnels se sont engagés pendant deux ans pour mieux surveiller, anticiper et répondre aux risques sanitaires.
Un rôle pivot
Une Malgache est sortie major de cette première promotion. Les projets de la COI visent aussi à valoriser et à renforcer les compétences au sein des États membres. Le projet RSIE, ou Réseau de surveillance et d’investigation épidémiologique, par exemple, renforce les capacités des laboratoires et des professionnels de santé, contribuant ainsi à une meilleure résilience face aux menaces sanitaires.
Dans le secteur de la sécurité alimentaire, la COI multiplie les initiatives pour faire face aux défis liés au changement climatique et à la dépendance aux importations. Le programme PRESAN, ou Projet régional de sécurité alimentaire et nutritionnelle, soutenu par l’Agence française de développement (AFD) et l’UE, a pour objectif d’améliorer la production agricole locale, de renforcer les chaînes de valeur et de promouvoir une alimentation saine et durable.
Ce projet inclut également un volet sur la gestion des risques alimentaires et la prévention des crises. Un autre programme structurant est celui de la Smart Agriculture, qui encourage l’innovation et l’utilisation des technologies numériques dans le secteur agricole. En partenariat avec des institutions de recherche et des organisations internationales comme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il accompagne les agriculteurs dans l’adaptation aux nouvelles contraintes climatiques et économiques.
Ces différentes initiatives témoignent d’une volonté de la COI de répondre de manière coordonnée aux enjeux communs de la région. La coopération régionale apparaît plus que jamais comme un levier essentiel pour faire face aux défis transnationaux, qu’ils soient sécuritaires, sanitaires ou alimentaires. Sous cette impulsion, la COI a franchi un cap.
En renforçant les partenariats, en mobilisant des financements et en accélérant la mise en œuvre des projets, l’organisation affirme son rôle central dans le développement et la stabilité de la région de l’océan Indien. Une dynamique qui pourrait s’inscrire dans la durée, au regard de la conjoncture mondiale. Elle explique aussi l’intérêt croissant de partenaires internationaux pour une coopération avec l’organisation, à l’instar du Royaume-Uni, dont une délégation a rencontré Edgard Razafindravahy il y a quelques jours.
Du reste, depuis la prise de fonction d’Edgard Razafindravahy, Madagascar a retrouvé une place centrale, un rôle pivot au sein de cette organisation régionale, avec toute la portée internationale et géopolitique que cela implique. Le fait que, pour la première fois depuis dix ans, et moins d’un an après son arrivée à la tête du secrétariat général, la Grande Île ait de nouveau accueilli le sommet de la COI, le 24 avril 2025, en est une illustration.
L'Express de Madagascar
