RÉFORMES - La Banque centrale consulte sur l’avenir de l’ariary

La Banque centrale sollicite pour la première fois le public sur l’avenir de l’ariary. Les débats à l’université d’Antananarivo ont porté sur le plafond des billets et les enjeux monétaires.

Aivo Andrianarivelo, gouverneur de la Banque centrale.

C’est la première fois que la Banky Foiben’i Madagasikara interroge l’opinion sur les réformes possibles concernant l’avenir de l’ariary. De vives discussions se sont tenues, notamment sur la perspective de réduire les coupures maximales des billets de banque, avec l’hypothèse d’un plafond à Ar 1000.

Pendant près de trois heures, les débats et échanges ont résonné dans le grand amphithéâtre de la Faculté d’économie, de gestion et de sociologie à Ankatso. La Banky Foiben’i Madagasikara a entamé hier, avec cette première rencontre dans le monde universitaire, ses consultations publiques sur l’avenir de l’ariary. La monnaie nationale a été au centre des discussions sur la place publique et sur les réseaux sociaux il y a quelques jours. Et pour cause : la Banque centrale a envisagé la possibilité de réduire le plafond des coupures, afin de mieux répondre aux réalités des transactions courantes.

D’emblée, les premières questions de l’auditoire ont porté sur cette mesure. 

« Nous avons déjà vécu à l’époque où la plus grosse coupure de billets en circulation était de Ar 1000. Avec Ar 6, on pouvait s’acheter du pain, puis sont venus les billets de Ar 2000, Ar 5000, jusqu’à ceux de Ar 20 000. Mais on constate que plus les coupures sont grosses, moins elles ont de pouvoir d’achat », fait remarquer le professeur Cousin Germain, vice-doyen de la faculté d’économie et de gestion de l’université d’Antananarivo.

Réserves

Un étudiant interroge à son tour : « Pourquoi émettre des billets de Ar 1000 alors que la politique monétaire a toujours conduit la Banque centrale à émettre de grosses coupures comme celles de Ar 20 000 ? » Les techniciens de la Banque centrale, ainsi que son gouverneur, ont répondu que ces décisions sont prises au regard d’un contexte économique donné et visent à ajuster la structure des billets pour améliorer la valeur libératoire, dans un objectif de maîtrise des pressions inflationnistes.

Les techniciens ont surtout insistés sur le lien entre la masse monétaire, l’usage quotidien des coupures et l’inflation. Aivo Andrianarivelo, gouverneur de cette institution financière, a également expliqué que « la Banky Foiben’i Madagasikara a émis plus de pièces de monnaie que de billets de banque, alors que maintenant, ces pièces ne valent plus grand-chose. Il en va de même pour les petites coupures. Ce n’est qu’à partir de Ar 500 que les billets sont utilisés à part entière dans les transactions quotidiennes. C’est pour cela que nous devons en parler, et que la Banque centrale a entamé ces discussions, face aux situations actuelles », a-t-il souligné, en évoquant la dynamique de la masse monétaire en circulation.

À en croire ce responsable, il s’agirait d’un projet en gestation, non confirmé à ce jour. Les consultations serviront donc de phase préliminaire avant l’adoption éventuelle d’un plafond maximal de Ar 1000 ariary. Le président du Cercle de réflexion des économistes, le professeur David Rakoto, a de son côté exprimé des réserves : « Jusqu’à présent, les modalités de cette potentielle démarche restent floues. Ce n’est qu’un sondage d’opinion pour la Banky Foibe. Mais il n’y a pas encore de base d’application économique pour cette mesure», a-t-il indiqué à la presse à la sortie de l’amphithéâtre.

Itamara Otton

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