La décision du jury d’appel de la CAF de donner le Maroc vainqueur sur tapis vert du Sénégal lors de la CAN 2025 cause un véritable séisme dans le petit monde du football. C’est une première dans les annales. Tout le continent est secoué par cette décision. Une partie de l’opinion estime que le jury d’appel n’a fait qu’appliquer le règlement de compétitions. L’autre partie se sent flouée et victime d’un coup de Jarnac du président de la CAF, le premier milliardaire noir en Afrique, le Sud-africain Patrice Motsepe, qu’Ahmad avait battu à l’élection en 2017. Grâce au soutien du président de la FIFA, Gianni Infantino, qui a supplié les autres candidats de se retirer, Patrice Motsepe a été élu sans avoir eu besoin de passer par les épreuves des urnes. Une pseudo-élection qui était déjà une première aussi bien en Afrique que dans le monde. Une élection qui avait été d’ailleurs à l’origine de beaucoup de critiques de la part de la presse internationale. On commençait à sentir quelque chose. Le tandem Infantino-Motsepe est devenu inséparable. Le premier dicte sa loi, le second exécute au doigt et à l’œil.
Le fait que la décision du jury d’appel de la CAF tombe trois mois après la finale laisse planer déjà une certaine entente. Si la décision tombait quelques jours ou quelques semaines après le match, les choses auraient peut-être eu une autre tournure. D’ailleurs, les sanctions contre le sélectionneur et les joueurs sénégalais sont tombés très vite. Il n’y avait pas d’enquête à faire sur l’incident que tout le monde a vu.
Ensuite, comme l’arbitre a autorisé la reprise du match après le retour des Sénégalais sur le terrain, il n’y aurait pas dû avoir la moindre contestation. Le règlement dit que le directeur de jeu est souverain et ses décisions sont souveraines. Il aurait dû constater immédiatement la faute des Sénégalais et siffler la fin du match avec victoire par forfait sur le score de 3 à O pour le Maroc. Sa décision dans ce cas d’espèce est sans appel.
Mais voyons la situation sous un autre angle. Si Brahim Diaz avait marqué le penalty qui aurait dû donner la victoire au Maroc, le Sénégal aurait-il été sanctionné par des amendes et une défaite par 3 à O par la CAF, qu’il y ait plainte ou pas ?
Et si c’était le Maroc qui avait quitté le terrain avant de revenir et gagner le match par un but à zéro, le jury d’appel de la CAF aurait-il donné la victoire au Sénégal ? Rien n’est moins sûr.
Beaucoup de décisions de la CAF sont jugées inéquitables et partiales dans d’autres compétitions.
Maintenant, la CAF s’est tirée une balle dans les jambes. Si le TAS casse sa décision et donne raison au Sénégal, elle aura perdu la crédibilité qui lui restait malgré la réélection en walk-over de Patrice Motsepe, pressenti pour diriger l’African National Congress. Une reconversion providentielle qui arrive à point nommé.
Sylvain Ranjalahy