À Imerintsiatosika, la célébration de l’Alahamadibe s’est achevée le 21 mars par l’inauguration du Lapan’i Dadabe Andriatsihanika, dans le respect strict des traditions malgaches.
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| L’inauguration du Lapan’i Dadabe Andriatsihanika mêle traditions ancestrales et festivités, symbolisant l’unité et la fierté malgache. |
Dans une atmosphère à la fois solennelle et profondément spirituelle, l’Alahamadibe a rassemblé une foule nombreuse désireuse de renouer avec les racines culturelles malgaches. Organisée par le groupe « Tsy mamorona fa mamelomaso », cette célébration du Nouvel An malgache a trouvé son apogée le 21 mars à Imerintsiatosika, avec l’inauguration officielle du Lapan’i Dadabe Andriatsihanika, marquant la fin des festivités entamées dès le mercredi avec les rites de purification, dont le fidiovana et le partage du feu sacré.
Lieu sacré choisi pour l’occasion, Imerintsiatosika a accueilli l’ensemble des rituels conformément aux prescriptions ancestrales. L’inauguration du nouveau lapa s’est déroulée à la fois selon les coutumes traditionnelles et dans un cadre officiel, dans le respect de règles strictes : séparation symbolique entre les femmes au Nord et les hommes au Sud, retrait obligatoire des chaussures et des couvre-chefs à l’entrée, témoignant du respect dû au lieu et des valeurs qu’il incarne.
Un moment fort de la célébration a été le vono omby, ou sacrifice du zébu, suivi de la distribution de sa viande. Cet acte rituel, marqué par le filatsahana ra (laisser couler le sang), symbolise à la fois le sacrifice et la demande de bénédiction.
Solidarité
Après l’abattage, les hommes désignés pour accomplir ce rituel, en nombre impair, ont tourné autour du zébu à sept reprises, avant que l’ensemble des participants ne rejoigne le cercle pour danser et célébrer ensemble, exprimant ainsi solidarité et joie collective.
Au cœur de la cérémonie, le fatana vato se trouvant dans le lapa, foyer en pierre, occupe une place essentielle. Composé de cinq pierres symbolisant un engagement sacré, il abrite le « feu qui ne s’éteint pas », soigneusement entretenu par des gardiens attitrés. Ce feu, non issu de sources ordinaires telles que les allumettes, peut durer entre trois et quatre jours, incarnant la continuité et la vie. Autour de ce foyer, les bénédictions sont sollicitées, notamment lors de la première cuisson du riz, moment où les Malgaches adressent leurs prières à Dieu pour demander prospérité et protection.
La célébration a également été marquée par une forte dimension symbolique, notamment à travers les codes vestimentaires : le blanc en haut et le rouge en bas étant considérés comme l’harmonie idéale, toute inversion étant perçue comme une transgression. Par ailleurs, les pratiques et croyances ont été rappelées, précisant que les objets sacrés ne sont pas vénérés, mais utilisés comme intermédiaires pour obtenir des bénédictions.
La forte affluence a nécessité une organisation rigoureuse afin d’encadrer les participants et d’assurer le bon déroulement des rites dans ce lieu sacré, à l’écart des espaces publics tels que les stades, car ces cérémonies doivent impérativement se tenir dans des villages sacrés, souvent situés en hauteur.
À travers ces rites, l’Alahamadibe rappelle l’importance de la transmission culturelle, de la foi et de l’unité, invitant chaque Malgache à se réapproprier son identité dans le respect des traditions ancestrales.
Cassie Ramiandrasoa
