L’attente s’intensifie autour de la nomination du nouveau Premier ministre. Le prochain locataire de Mahazoarivo héritera d’un contexte chargé, entre les défis socio-économiques pressants et les impératifs politiques.
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| La nomination du Premier ministre et la mise en place du nouveau gouvernement pourraient se faire rapidement. |
Qui sera le mieux taillé pour siéger à la Primature? Cette question revient en boucle dans les discussions depuis la décision du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, de mettre fin aux fonctions de Herintsalama Rajaonarivelo, ancien Premier ministre, et de son gouvernement, lundi.
Les spéculateurs n’ont pas perdu de temps. De prétendus analystes ont inondé le réseau social Facebook de profils du chef du gouvernement idéal et des noms de leurs favoris. Au regard des enjeux qui se présentent, le patron de l’Exécutif pourrait être à la recherche d’un Premier ministre de combat. Il s’agira d’un combat sur deux fronts. Le premier consistera à faire face aux défis socio-économiques. Une situation qui risque de s’alourdir avec le choc pétrolier qui se profile à l’horizon, en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Dans une lettre où il affirme “accepter sereinement et sans réserve” son limogeage, Herintsalama Rajaonarivelo défend son bilan. “L’équipe que j’ai dirigée a fait de son mieux pour rétablir la confiance des partenaires, répondre aux chocs, améliorer la transparence et la prévisibilité du cadre macro-économique avec des résultats palpables”, soutient-il dans sa missive.
À une certaine mesure, durant ses quatre mois et quelques jours aux manettes, l’ancien Premier ministre et l’équipe gouvernementale peuvent défendre un bilan correct, surtout après une crise politique. Certes, les problèmes d’eau et d’électricité restent d’actualité. Mais tous conçoivent que redresser ces deux secteurs nécessite du temps. Une atténuation a, néanmoins, pu être constatée. Il y a aussi la problématique des infrastructures routières qui fait tache.
Cependant, cela n’a visiblement pas suffi à maintenir en place le locataire de Mahazoarivo et sa team. Selon l’alinéa 2 de l’article 54 de la Constitution, le Chef de l’État “met fin aux fonctions du Premier ministre, soit sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement, soit en cas de faute grave ou de défaillance manifeste”. Jusqu’ici, d’aucuns s’interrogent sur les raisons de la décision prise par le colonel Randrianirina.
Front politique
Dans une déclaration à la presse appelant à la démission de Herintsalama Rajaonarivelo, samedi, les membres des Gen Y et Z “officielles” soulignent son incapacité présumée “à assumer ses fonctions de chef de l’administration”. La proximité de cette sortie médiatique avec la décision présidentielle amène à penser qu’il pourrait y avoir un lien de causalité entre les deux faits.
Lors de la présentation de l’équipe gouvernementale, le 28 octobre, le Chef de l’État leur a donné deux mois pour fournir des résultats probants. La décision de mettre fin à sa mission n’est cependant intervenue qu’un peu plus de quatre mois après sa nomination. Visiblement, le locataire d’Iavoloha a pris son temps pour procéder à l’évaluation du gouvernement. Néanmoins, selon des sources avisées, l’officier supérieur songeait depuis plusieurs semaines à remplacer le Premier ministre.
Le Chef de l’État souhaiterait un chef du gouvernement à même de relever les défis socio-économiques, mais également auquel il aura “pleinement confiance”, et sur qui il pourra “pleinement s’appuyer”, face aux challenges politiques à venir. La politique est, en effet, le second front sur lequel le Premier ministre de combat devra batailler. Le crédit politique est, pourtant, le principal point faible de Herintsalama Rajaonarivelo, notamment vis-à-vis de ceux qui ont été en premières lignes durant les manifestations de septembre et octobre.
Les premières échéances politiques seront les concertations nationales, dont celle sur “la refondation de la gouvernance électorale”, qui devrait démarrer en avril. La nécessité d’un binôme “de confiance”, et compatible avec l’officier supérieur aux manettes de l’Exécutif, pourrait s’imposer face aux échéances électorales qui vont suivre les séries de concertations. Ici entre en compte, également, le critère qu’est la parfaite maîtrise des rouages législatifs et administratifs.
Outre le référendum constitutionnel, l’élection présidentielle sera le grand rendez-vous qui conclura cette période transitoire. Bien qu’il élude le sujet jusqu’ici, l’intention du colonel Randrianirina d’y prendre part est un secret de polichinelle. Par ailleurs, le Chef de l’État pourrait profiter du changement de gouvernement pour opérer une reconfiguration dans les rangs des ministres. Il y en a certains qui sont copieusement vilipendés par l’opinion publique et d’autres dont les résultats sont en demi-teinte.
Des sources proches du pouvoir confient que la quête du Premier ministre à la mesure des attentes présidentielles a démarré depuis plusieurs jours. Pareillement, le casting des futurs membres du gouvernement aurait également déjà commencé. Ces sources chuchotent : “La nomination du nouveau Premier ministre devrait se faire avant la fin de cette semaine et la présentation des ministres peu de temps après”. Rien n’est certain pour autant.
Garry Fabrice Ranaivoson

" Endraso eo Paoly !" ce changement intempestif et cavalier est un plat " réchauffé " indigeste illustrant le dernier mandat de l'ancien gouverneur de la France en fuite . Nommer un premier ministre dans les délais impartis sera une prouesse institutionnelle de bonne gouvernance et encore rien ne garantit un profil qui fera l'unanimité . Il ne faut pas se voiler la face parce que le pays connaît actuellement une " instabilité " de fait .
RépondreSupprimerTout ce charivari va avoir un impact certain sur la deadline de la durée de transition et on connaît très bien qui va on tirer profit avec des calculs politiques préjudiciables au fondement de la refondation .
Ils ont pris goût au pouvoir et ne le lâcheront pas de sitôt ! La jeunesse n'est pas dupe, et ce n'est pas en ressassant l'histoire de l'ancien gouvernement (en fuite!) que les choses s'arrangeront. Dès le début , j'avais annoncé ce qui allait se passer, d'autres n'ont fait que rêver. RDV dans 6 mois, un an , .... Pendant ce temps, le peuple ....!!!!!
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