Les archives papier restent vulnérables et menacent l’accès aux documents officiels. La digitalisation des services publics est devenue une urgence.
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| Jean Claude Fioravanti, DG de Studia Inc, au Novotel Alarobia. |
À Madagascar, l’accès à un acte de naissance ou à un titre foncier peut rapidement devenir un défi. La raison est simple : l’essentiel de notre mémoire collective repose encore sur des registres papier, particulièrement vulnérables. Une conférence sur la digitalisation des services publics organisée au Novotel Alarobia, en début de semaine, a permis de lever le voile sur cette situation souvent passée sous silence, mais qui demeure essentielle. Jean-Claude Fioravanti, Directeur général de Studia Inc, a rappelé la gravité de la situation en citant l’exemple de la côte Est : « À Toamasina, le récent passage du cyclone Gezani a engendré une situation catastrophique. Si on regarde les actes d’état-civil, la moitié a été perdue. C’est urgent de digitaliser l’ensemble de ces registres administratifs ».
Retard
Certes, la Grande île affiche des avancées dans la modernisation de ses registres d’état-civil. Mais la marche reste entravée par des obstacles bien connus : infrastructures numériques inégalement réparties, coût élevé de la connexion, déficit de compétences techniques au sein des institutions. Autant de fissures dans lesquelles s’engouffre le retard technologique.
Sur le terrain, la réalité est presque tangible. Joséphine Andrianamonjiarison, directrice générale d’Hermès Conseils, décrit des archives fatiguées par le temps : « Les registres sont usés, ils peuvent être rongés par les souris ou emportés par les cyclones ». Derrière l’image, une évidence : la transition numérique n’est pas qu’un chantier technique, elle engage directement la vie quotidienne des citoyens. Inscrire un enfant à l’école, obtenir un passeport ou faire valoir un droit dépend souvent de documents uniques et fragiles.
Si le passage au numérique est sur toutes les lèvres, le support papier reste pourtant la norme, condamnant des pans entiers de l’histoire citoyenne à la disparition. Ce constat est partagé par les partenaires internationaux et les experts.
Itamara Otton
