Le colonel Randrianirina s’est envolé pour la Guinée équatoriale, hier, afin de rencontrer son homologue Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. La réintégration au sein de l’Union africaine sera au centre des discussions.
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| Le Chef de l’État et son homologue équato-guinéen durant leur discours conjoint, à Malabo, hier. |
Opération reconquête. Le colonel Michaël Randrianirina, chef d’État, engage un lobbying pour un retour en grâce de Madagascar auprès des instances de l’Union africaine (UA). Un lobbying qu’il compte mener auprès de ses homologues africains, à commencer par celui de la Guinée équatoriale.
Le locataire d’Iavoloha a fait part de cette information avant son départ pour Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, hier. Ce tête-à-tête entre le colonel Randrianirina et son homologue équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, s’est déroulé hier soir. Une rencontre, à la demande de l’officier supérieur, organisée en amont du Sommet de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP).
« Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une tournée auprès des chefs d’État africains amis, afin de permettre des échanges sur les sanctions qui frappent encore Madagascar au sein de l’Union africaine, empêchant le pays de participer aux activités de l’organisation », déclare l’homme fort de la République avant son décollage. Il ajoute que « le mois prochain, d’autres présidents africains seront également sollicités afin de parvenir à un allègement de ces sanctions ».
Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a décidé la suspension de Madagascar « avec effet immédiat » des activités de l’Organisation, au lendemain de la prise de pouvoir des militaires, le 14 octobre. En conséquence, la Grande Île n’a, par exemple, pas pu prendre part au Sommet de l’organisation continentale, en février. La levée de ces sanctions est un des principaux objectifs diplomatiques affirmés par les tenants du pouvoir de la Refondation de la République.
À l’issue de leur rencontre, hier, le Chef de l’État et le président de la Guinée équatoriale ont tenu un discours conjoint. La question du lobbying pour la réintégration de Madagascar dans les activités de l’Union africaine n’a pas été évoquée par le colonel Randrianirina dans son allocution. « Monsieur le Président, mon frère, je vous remercie tout d’abord pour vos conseils en tant qu’aîné, mais également en tant que président africain expérimenté dans la gouvernance sur le continent », indique-t-il, en mettant l’accent sur le caractère « nécessaire » de la coopération Sud-Sud.
Retour à l’ordre constitutionnel
« Nous prendrons en considération ces conseils afin de renforcer nos relations, mais aussi pour apporter un bien-être durable au peuple malgache, en cette période difficile que nous traversons actuellement », ajoute le locataire d’Iavoloha. Selon certains observateurs, le choix du chef de l’État de démarrer son lobbying auprès de ses homologues africains pourrait, d’une part, s’expliquer par l’opportunité créée par le Sommet de l’OEACP.
Avant son décollage, hier, le colonel Randrianirina a justement expliqué qu’il ne se rend à Malabo que pour rencontrer Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Le Sommet proprement dit ne démarrera que demain, en effet. Pourtant, en raison de la commémoration de l’insurrection d’indépendance du 29 mars 1947, il devrait rentrer ce soir, ou demain au plus tard. D’autre part, il y a aussi le fait que Teodoro Obiang Nguema Mbasogo soit un des chefs d’État africains ayant la plus grande longévité au pouvoir. Il dirige la Guinée équatoriale depuis 1979.
Selon une source diplomatique, cette longévité a permis au président équato-guinéen d’acquérir un certain poids politique en Afrique, mais aussi d’avoir un réseau politique solide au sein des instances africaines. Comme indiqué précédemment, le chef de l’État a souligné son « expérience dans la gouvernance du continent ». Néanmoins, en parlant d’« allègement des sanctions » comme objectif dans sa déclaration avant son départ, il est probable que l’officier supérieur n’ait pas choisi ces mots au hasard.
L’Union africaine insiste, en effet, sur le retour à l’ordre constitutionnel. Un point souligné dans le communiqué publié le 13 mars, qui rapporte les points actés durant la 1335e réunion du CPS. Une réunion dont l’intitulé est « Point de situation à Madagascar ». Se voulant stricte, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA « exhorte les autorités malgaches à respecter scrupuleusement le calendrier de transition fixé à vingt-quatre mois », prévu dans le Programme de la Refondation de la République, remis à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) le 28 février.
Par ailleurs, à l’issue de sa rencontre avec le colonel Randrianirina, à sa résidence à Ivandry, le 1er février, Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, a été clair sur la conditionnalité de la levée des sanctions contre Madagascar. « C’est cette élection présidentielle qui verra les sanctions contre Madagascar levées », a déclaré le diplomate, en réponse à une question des membres de la direction de la communication de la présidence de la Refondation de la République.
Garry Fabrice Ranaivoson

Coup d'Etat militaire le 14 octobre 2025, nous sommes le 27 mars 2026. On nous avait promis des élections libres et le retour à un gouvernement NORMAL ! Avec tous nos problèmes du quotidien non réglés à ce jour ... Espéranza , espéranza !!! Et dire que certains sont contents de la situation actuelle ...
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