Les importations connaissent une hausse qui inquiète les industriels. « Les données disponibles témoignent de l’ampleur du phénomène. Depuis 2022, période de référence retenue par l’ANMCC ou Autorité Nationale chargée des Mesures Correctives Commerciales, dans le cadre de son enquête, les importations de pâtisseries sèches et de céréales pour petit-déjeuner, ainsi que celles de tubes, tuyaux et accessoires en matières plastiques, suivent une trajectoire nettement haussière. En 2024, elles ont atteint respectivement 4 134 tonnes et 4 174 tonnes, confirmant une tendance qui s’inscrit dans la durée », indique un communiqué relatif au dossier. « Nous assistons à une érosion progressive des parts de marché. Si aucune mesure n’est prise, certaines unités de production locales pourraient fermer, entraînant des pertes d’emplois», alerte un requérant.
Face à cette montée soutenue des importations, Madagascar passe à l’offensive. L’ANMCC organise, les 25 et 26 mars à la Maison des Produits (67 Ha), deux auditions publiques stratégiques portant sur les tubes et tuyaux en matières plastiques ainsi que sur les pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner.
Ces audiences font partie de la procédure d’enquêtes de sauvegarde. Elles visent à déterminer si les importations causent un préjudice grave à la production nationale. Cette évaluation est essentielle. Elle permet de justifier l’éventuelle application de mesures de sauvegarde. Ces mesures suivent les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Ces auditions sont un moment décisif : toutes les parties auront l’opportunité de faire entendre leur voix dans un cadre transparent et contradictoire », explique Barthelemy, DG de l’ANMCC.
Autour de la table, les principaux acteurs économiques seront présents, dont ceux de l’agroalimentaire et de l’industrie. Des représentants étrangers, notamment mauriciens et européens, participeront également aux échanges, aux côtés d’institutions publiques clés telles que la Jirama, les ministères sectoriels et la Direction générale des Douanes.
Du côté des importateurs, le discours est plus nuancé : « Les importations répondent à une demande réelle et contribuent à la compétitivité du marché. Il faut éviter des mesures qui pénaliseraient les consommateurs », estime un opérateur du secteur.
Mialisoa Ida