ANTSIRANANA - Jocelyne Rahelihanta se plie à la décision de la Haute Cour Constitutionnelle

Coup de tonnerre dans le paysage politique malgache. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a prononcé la destitution de cinq députés, dont Jocelyne Rahelihanta, élue d’Antsiranana pendant trois mandats et récemment ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale.

Calme, souriante, apparemment loin de stresser, Jocelyne Rahelihanta a déclaré qu’elle accepte la décision de la HCC.

Cette décision de la haute juridiction, qui concerne ces parlementaires, est qualifiée d’historique et sans précédent, tant par son ampleur que par les motifs ayant conduit à cette destitution collective. Selon les observateurs à Antsiranana, jusqu’ici, aucune situation comparable n’avait été enregistrée dans l’histoire politique de Madagascar.

Pour le cas d’Antsiranana, forte d’un parcours politique marqué par trois mandats successifs à la députation, ainsi que par des responsabilités au sein des institutions de transition, notamment en tant que membre du Conseil de la Transition et du Conseil Supérieur de la Transition, Jocelyne Rahelihanta incarnait une figure expérimentée de la vie publique dans la région Nord du pays. L’élue a été considérée comme l’une des figures influentes de la mouvance Irmar dans cette région, bien que ses relations avec certains responsables locaux et régionaux aient souvent été marquées par des tensions. Mais une grande partie des électeurs voient son mandat brutalement interrompu après son long cursus.

Apaisement

C’est dans sa résidence à Scama que Jocelyne Rahelihanta a pris la parole face à la presse locale pour officialiser un tournant majeur de sa carrière politique.

Face à la décision de la HCC, l’ancienne élue a adopté une posture d’apaisement : pas de contestation publique, pas d’escalade verbale. Entre adieux, mea culpa et promesse de continuité sociale, elle livre un message à la fois lucide et empreint d’humanité. Seulement une phrase, presque sobre : « Je déclare que je me plie à la décision de la HCC et, désormais, je retourne auprès du peuple ».

Une déclaration qui sonne comme un retrait institutionnel, mais laisse entrevoir un éventuel repositionnement politique.

Dans un ton empreint de sérénité, elle a aussi tenu à saluer son successeur, Claude Emile Sylvain, sa deuxième de liste, lui adressant ses félicitations et ses vœux de réussite.

Dans la capitale du Nord, son fief politique, la nouvelle s’est répandue comme une onde sourde. Car, au-delà des faits, c’est la nature même de cette destitution qui suscite des interrogations.

Dans les rues de la ville, les gargotes, les marchés, les boutiques, les bureaux, ou dans les taxis-bajaj, la destitution de la surnommée “Dame de fer” laisse place à un mélange d’incompréhension et de fatalisme.

Mais au-delà de l’aspect institutionnel, c’est un message profondément humain que Jocelyne Rahelihanta a souhaité transmettre. Elle a exprimé sa gratitude envers la population d’Antsiranana, qui lui a accordé sa confiance, sans éluder la diversité des réactions suscitées par cette situation, entre déception et satisfaction.

Consciente des attentes parfois déçues, elle a également présenté ses excuses aux citoyens pour les insuffisances de son mandat. « Être député n’est pas une tâche facile », a-t-elle encore souligné, évoquant les défis liés à la gestion des attentes, à la cohésion sociale et à la complexité du terrain, notamment à Antsiranana. Elle reconnaît un parcours semé d’embûches.

Revenir au peuple. L’expression circule, reprise, commentée, parfois interprétée comme une promesse. Une phrase digne, mais aussi lourde de sous-entendus. Car retourner au peuple, c’est aussi reconnaître que c’est là que réside la véritable légitimité.

Raheriniaina

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