Andriantefy Frandresena Ramananjoelina, de l’association Famato, met en lumière l’importance de renouer avec les racines culturelles malgaches et de transmettre les savoirs ancestraux.
Quelle est votre conception du Taombaovao Malagasy ?
Le Taombaovao Malagasy repose sur un concept simple: ramener le Malgache à ses sources, lui rappeler son identité et renforcer ses repères. Il s’agit aussi d’accompagner chacun vers une année digne et harmonieuse. C’est dans cet esprit que l’association Famato organise cette célébration. À cette occasion, nous distribuons du riz, du lait et du miel à la population, afin que ces éléments constituent les premiers aliments consommés de l’année. Chaque élément a une signification : le riz représente la base de la vie, le lait symbolise l’accomplissement des souhaits et une année prospère, tandis que le miel évoque une vie douce. Le « vorovoron-kena » est également associé à l’abondance et aux bénédictions pour le foyer.
Quelles sont les étapes du Taombaovao Malagasy ?
La célébration commence par l’accueil du public, suivi de l’introduction de l’« afo tsy Maty », le « feu éternel », symbole de lumière et de continuité pour toute la nation. Ce feu est ensuite partagé. Après cela, des rituels de remerciement sont accomplis autour de la pierre sacrée, située à Mahamasina, lieu central de cette célébration. C’est également à cet endroit que se déroule le sacrifice de zébu, réalisé par des personnes désignées et venues des régions.
Ensuite la nuit se poursuit avec le « Tsimandrimandry ». Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ?
C’est un moment de veille, de réveillon et de réjouissance collective, jusqu’à minuit, marqué par l’allumage du feu d’artifice « afo-manga ». Les festivités continuent ensuite. Le lendemain, la cérémonie du « Tatao» est organisée, accompagnée de la distribution de riz, de lait, de miel et de viande. La bénédiction traditionnelle, donnée par les aînés, occupe également une place essentielle, car elle représente un e protection pour chacun. Enfin, la célébration se conclut par des représentations de Hira Gasy dans une ambiance festive.
Pouvez-vous expliquer les pratiques et l’utilisation des différents éléments ?
Le « Fidiovana » permet de purifier et de lever les blocages grâce à l’utilisation de diverses plantes aux vertus spécifiques, telles que le « Fanazava », le « Mandrava sarotra » ou encore l’« Ody fady». Ces éléments contribuent à éclairer le chemin de vie, à surmonter les obstacles ou à restaurer le « hasina ».
Le feu éternel, quant à lui, symbolise la continuité de la lumière et des bénédictions transmises de l’année écoulée à la nouvelle année. Il est conservé pendant plusieurs jours avant d’être éteint.
Le Taombaovao Malagasy est donc porteur d’un symbole fort ?
À cet égard, le Taombaovao Malagasy est aussi un moment de réconciliation. Les différends sont apaisés afin d’aborder la nouvelle année dans la paix. Cette démarche favorise une meilleure compréhension de l’identité malgache, à condition de respecter les règles et les pratiques propres à chaque rituel.
Cassie Ramiandrasoa
