Marche arrière

Que nous réserve la Feuille de route de la Refondation que le chef de l’État doit signer d’ici demain avant d’être remise à la SADC ?

Selon la ministre d’État auprès de la présidence chargée de la Refondation, la feuille de route a été déjà ficelée mais elle n’a pas révélé de détails. Ce qui est tout à fait normal. La primeur revient au chef de l’État avant sa signature. Ce qui suscite des interrogations, ce sont les exigences de l’Union Africaine et de la SADC à propos de cette feuille de route. Il faut dire tout simplement que les conditions posées par la SADC sont plutôt contraignantes et limitent carrément la marge de manœuvre de la Refondation.

La SADC exige le retour à l’ordre constitutionnel, le retour du fonctionnement des institutions démocratiques. Elle impose également l’organisation des élections libres, inclusives et transparentes assortie d’un calendrier électoral précis.

La SADC recommande la mise en place d’un dialogue national inclusif associant l’opposition, la société civile et l’ensemble des parties prenantes.

Et ce n’est pas tout, et ce n’est pas des moindres, la SADC exige le retour des exilés politiques afin qu’ils puissent participer pleinement au dialogue et aux futurs scrutins.

Par ailleurs, la Refondation doit faire un rapport tous les trois mois concernant l’application de la feuille de route. Le tout sera supervisé par l’ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda.

Si la Refondation accepte toutes ces conditions et promet de les réaliser dans la Feuille de route, il s’agira tout simplement d’un retour en arrière, d’un reniement des manifestations populaires po ur mettre fin à un régime oppressif.

On se demande pourquoi la Refondation doit se soumettre aux injonctions de la SADC alors que le régime déchu n’a justement pas respecté les recommandations qu’elle impose. La SADC n’a pas bougé le petit doigt face aux atteintes à la liberté de presse, d’expression, de manifester. Face aux arrestations arbitraires et l’emprisonnement d’opposants ou de simples influenceurs. On n’a jamais entendu parler de la SADC. Et même actuellement, la SADC n’a fait aucun geste en faveur des sinistrés contrairement à la COI, un organisme régional comme lui. 

On ne perçoit d’ailleurs pas l’intérêt de Madagascar depuis qu’il est membre de la SADC, excepté le règlement des crises. Au plan économique, Madagascar est plutôt un consommateur des produits de la SADC et n’a, en revanche, pas de produits à exporter aux pays membres de cette communauté. 

Si la Refondation exécute toutes les conditions de la SADC, elle risque d’avoir affaire aux acteurs des manifestations du mois de septembre ainsi qu’à la population en général. Une feuille de route scélérate risque de poser plus de problème qu’elle n’en résolve. On parie ?

Sylvain Ranjalahy 

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